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[Calais] Le camp de containers a été construit

A Calais, le camp de containers annoncé en octobre a été construit et "inauguré".

« Nous sommes allés vendredi dans le nouveau camp « la Vie Active » censé gérer la crise des migrants dans la « Jungle » de Calais. Un alignement de containers numérotés, une implantation purement technique en dépit du bon sens par rapport au site et au programme extrêmement sensible. Visiblement un centre qui doit accueillir 1500 personnes conçu sans architecte.
En face, la Jungle, construite au fils du temps par les migrants, les ONG et écoles d’architectures, finit par trouver son âme, celle de la « Ville-Monde » dans laquelle vivent irakiens, afghans, érythréens, soudanais, britanniques, belges, français.
140 personnes sont aujourd’hui hébergées dans ces containers. Mais ces logements sans douches sans cuisines mais avec un contrôle d’accès biométrique de la paume de la main sont vides. Les migrants sont là pour passer, mais pas pour s’installer dans ce camps concentrationnaire et policier.
Comment notre société arrive-t-elle à proposer d’entasser des corps vivants dans des containers ? »

Témoignage d’Olivier Leclerc


Un quartier du bidonville évacué par ses habitants. En haut à gauche, les grilles qui bordent la rocade.

Débris rassemblés des grenades lacrymogènes lancées chaque nuit sur le bidonville.

Partie terrassée du no-mans-land [ndr : bande de 100 mètres de terre terrassée qui entoure la bidon-ville afin que la police puisse contrôler de plus loin les mouvements des habitants]

La butte de terre qui entourera le bidonville [ndr : no-man’s land].

Photos et témoignage paru sur : https://passeursdhospitalites.wordpress.com/

Sur le site lundi.am, le premier février a été republié un article de la parisienne libérée, voici les premier paragraphes de cet excellent article, pour lire l’article en entier

Les containers de la honte

Présenté comme « humanitaire », le nouveau camp de Calais est entouré d’un enclos, vidéo-surveillé, contrôlé par un système biométrique, sans eau, ni douche, ni possibilité de cuisiner. Les réfugiés disent qu’il ressembleà une prison et beaucoup refusent d’y aller. Ils ont raison : derrière ces rangées de containers chauffés se dessine un piège sécuritaire.

Au mois de janvier, sur cette zone dunaire de Calais, dire que le climat est rude est un euphémisme. Il y fait froid, humide, il y a beaucoup de vent, peu d’infrastructures et de réels problèmes de santé. Avec l’arrivée annoncée des premières neiges, chacun sera donc rassuré de savoir que les réfugiés de Calais, qui attendent sur notre sol inhospitalier une occasion de passer en Angleterre, dorment enfin au chaud.

Sauf qu’il n’en est rien.

Aujourd’hui, seules quelques dizaines de personnes ont accepté de rejoindre les containers. « Ma cabane est assez confortable » a ainsi répondu un habitant de la ’Jungle’ questionné par Libération. En fait les réfugiés, qui craignent d’être forcés à demander l’asile en France, perçoivent le camp de containers comme un espace carcéral - et il faut bien avouer que le personnes qui ont élaboré ce projet ont choisi d’assumer une esthétique et des procédures sécuritaires pour le moins inquiétantes.

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