Mohamed, enfermé à la prison pour réfugiés de la Favra, est actuellement en grève de la faim depuis 38 jours. Son état est critique. Il proteste contre son renvoi vers la Tunisie et contre son enfermement illégitime. Comme de nombreux réfugié.e.s en Suisse, Mohamed est emprisonné parce qu’il n’a pas de papiers, pas d’autorisation de séjour valable en Suisse.

Rassemblement de soutien mercredi 9 septembre devant le palais de justice à 13h30.

La politique d’asile suisse compte ses morts

Des morts sur le tarmac de l’aéroport de Zurich ligotés pendant un renvoi forcé par vol spécial en 2010 ; un suicide dans une cellule de Champ-Dollon après s’être fait enfermer pour « infraction à la loi sur les étrangers » en mars 2014 ; un suicide désespéré d’être rapatrié de force... Les victimes de la machine à renvoi sont déjà nombreuses.

Aujourd’hui encore, les autorités genevoises sont en train de pousser un homme à mettre fin à sa vie. Cela fait maintenant 38 jours que Mohamed est en grève de la faim. Sa situation est critique et se dégrade rapidement. Ses facultés mentales commencent à être atteintes. Les autorités ont le devoir de le libérer rapidement si elles ne souhaitent pas être responsables de sa mort.

La détention administrative : une pratique raciste et inhumaine

La détention administrative consiste à enfermer une personne pour la seule et unique raison que cette dernière n’est plus en règle sur le territoire. À Genève, une cinquantaine de personnes sont actuellement emprisonnées aux centres de la Favra et de Frambois, non pour des crimes, ni pour des délits, mais pour le fait qu’ils ne détiennent pas les « bons papiers ». L’emprisonnement administratif peut durer jusqu’à 18 mois et se termine souvent par un renvoi.

La détention administrative est le reflet d’un racisme profondément ancré en Suisse. L’Etat suisse avoue aujourd’hui que l’internement administratif d’avant 1982, soit les mesures de coercition à des fins d’assistance des personnes considérées « déviantes », est un chapitre sombre de son histoire et s’excuse envers ses victimes suiss.e.s, de les avoir privé.e.s de liberté sans qu’ils/elles n’aient commis de délits. Aujourd’hui, la Suisse poursuit la même politique d’enfermement pour les réfugié.e.s : il ne fait aucun doute que le racisme joue un rôle central dans l’oubli des erreurs passées reconnues.

PERSONNE N’EST ILLÉGAL
LIBERTÉ POUR MOHAMED
LIBERTÉ POUR TOUTES ET TOUS

Collectif No Bunkers

Le centre de détention administrative de la Favra à Puplinge.

P.-S.

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