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[Genève] Retour sur la marche nocturne féministe du 8 mars 2017

À l’occasion de la journée internationale des luttes féministes, une marche nocturne mixte [1] et autorisée a eu lieu mercredi soir. Près de 900 personnes se sont unies à l’appel pour prendre l’espace et visibiliser les luttes féministes. Après quelques prises de parole de personnes concernées (soit non hommes cis*), sur la place des Volontaires, le cortège s’est dirigé dans les rues du quartier des banques, en passant par Bel-Air, jusqu’à la place des Grottes. Malgré la pluie au départ, sous des parapluies customisés, les manifestantEs ont marché et dansé avec des torches allumées, scandant des slogans tels que "ta main sur mon cul, mon poing dans ta gueule" ou "elle est à qui la rue ? Elle est à nous", "on est pas désoléEs" et accompagnés par une playlist féministe.

MIXITÉ

La marche s’est globalement déroulée dans un climat de bienveillance, et ce même avec la présence de mecs cis*. En revanche, quelques hommes cis* se sont tout de même permis, d’être présents dans la première ligne du cortège, arborant une banderole de tête du partie Solidarités "Pour un féminisme des 99% par tout.e.s et pour toutes" et criant, à un moment donné, sans gêne le slogan : "au cul au cul aucune hésitation", sans réfléchir à ses potentielles connotations discriminatoires.
Leur position critique de première ligne pour une manifestation féministe n’a pas eu l’air de déranger ces messieurs. Un classique.

Pas plus de commentaire sur le caractère mixte et autorisé de la manifestation. C’est un long débat.

SLOGANS

Des slogans étaient inscrits sur des pancartes, tels que : "Féministes, décolonisons nos luttes", "Friendship against sexism", "Parcours imposé, Libertés bafouées", "La peur va changer de camps", "même si je mouille, non c’est non !", " Free Nekane", "retirer votre sexe de mon état civil", "ne nous libérez pas, on s’en charge", "déviantes et flamboyantes" ou encore "cissexisme c’est dégueulasse". Il est déplorable que certaines pancartes étaient signées par un parti politique, malgré le cadre exigé par l’appel (« pas de parti, pas de logo »).

PRESSE LOCALE

A ce jour, la marche n’a quasi pas été relayée par la presse locale. La Tribune de Genève avait pourtant publié la veille un article touchant à la place symbolique des femmes dans l’espace public, livrant une analyse sur le nom des rues à dominance masculine à Genève. Finalement pas si intéressée par la place que peuvent prendre les femmes, gouines, trans* dans l’espace public.
Le 8 Mars, un dossier spécial dans Le Courrier intitulé « Des luttes féministes à décloisonner ». Puis trois lignes dans un article résumant l’ensemble des évènements concernant la Suisse romande. Ensuite plus rien, nulle part.

Alors une marche nocturne, un jour de pluie, lors de la journée internationale des luttes féministes, pour prendre de la place dans l’espace public, pour clamer haut et fort que la nuit aussi nous appartient : on n’en parle pas.

« FLICS, VIRILS, ASSASSINS »

Alors que nous nous battons contre l’oppression du virilisme sur nos vies, nous avons été paternaliséEs par les flics (Police cantonale et municipale), majoritairement des hommes, parés de leur combinaison anti-émeute. Un canon à eau a également été mobilisé pour l’occasion. Nous dénonçons fortement leur attitude et le nombre démesuré d’effectif présent tout au long du parcours. La police participe au sexisme en répercutant des violences sexistes et racistes tous les jours. Des slogans tels que "toutes les meufs détestent la police" ont été criés en réponse.

Plusieurs personnes ont été arrêtées par la police en amont de la manifestation, notamment une jeune femme qui s’est violemment faite plaquer contre un mur alors qu’elle s’approchait du lieu de la manifestation. Elle affirme avoir cru à une agression par des inconnus qui se sont avérés être des flics en civil. Un jeune homme a, lui, été retenu plusieurs heures au poste alors qu’il se rendait à la manifestation.

En plus de cela, les négociations avec les autorités ont abouti à un parcours fortement réduit et peu exposé, seuls quelques 1000 mètres ont finalement été parcourus, dans des rues globalement vides à ces heures-là (petit rappel du parcours de la Slutwalk en juin 2016…).

En somme, une manière de réprimer et contenir les luttes féministes, encore et toujours.

Notes

[1c’est-à-dire composée de meufs, gouines, trans* et de mecs cis*

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