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Invisibles de la sous-traitance hôtellière : des grévistes parisiennes visitent l’Intercontinental !

Depuis le 19 octobre 2017, a Clichy, aux portes de Paris (France) la majorité des femmes de chambre, gouvernantes, plongeurs et équipiers du sous-traitant de la proprete Hemera, avec leurs syndicats CNT-SO et CGT-HPE, sont en grève reconductible à l’hôtel Holiday Inn (une des marques d’Intercontinental Hotels Group). Elles et ils ne lâcheront rien car ils ont conscience que lâcher signifie le retour à l’esclavage moderne qu’ils subissent dans la sous-traitance hotelière.

Une grève très soutenue

Les grévistes tiennent depuis 95 jours grâce à leur détermination et aussi grâce aux nombreux soutiens sans faille dont ils bénéficient depuis le début de leur action.
Syndicats non impliqués dans le conflit, associations, citoyens, voisins de l’hôtel, Clichois dans leur grande majorité, ..., tous sont aux côtés des grévistes tant la satisfaction de leurs revendications semble relever du « bon sens ».

David contre Goliath

Il faut dire que des « petits », salariés invisibles de la propreté hôtelière, qui osent s’attaquer à un mastodonte, ça force le respect !
Holiday Inn est l’une des marques du groupe hôtelier britannique IHG (Intercontinental Hôtels Group), 1er groupe hôtelier mondial en nombre de chambres (4 000 hôtels sur la planète). IHG, qui ne peut pas délocaliser ses hôtels pour bénéficier de législations fiscale et sociale bienveillantes avec les patrons, utilise la sous-traitance pour surexploiter les salariés de ses services d’hébergement et de plonge, services qui constituent pourtant le cœur de métier d’un hôtel.

Une lutte emblématique qui déborde de l’hôtel de Clichy

A Clichy, à Paris, à Barcelone (1ère étape du tour d’Europe des grévistes), à Londres (2ème étape), à Bruxelles (3ème étape pour, entre autres, une entrevue au Parlement européen avec les députés de la Gauche Unie), à Genève aussi (4ème étape), c’est partout la même chose : sous-traitance du cœur de métier de l’hôtellerie (le nettoyage des chambres), travail dissimulé (non paiement des heures supplémentaires), paiement à la chambre faite et pas au temps passé à nettoyer, mauvaises conditions de travail qui ruinent la santé ; partout les mêmes patrons qui veulent faire toujours plus d’économies sur le dos des travailleurs pour engranger toujours plus de profits.
La lutte des grévistes de Clichy est emblématique de la résistance des travailleurs de la sous-traitance du nettoyage, qu’ils soient en France, en Suisse ou ailleurs dans le monde, qu’ils travaillent dans les hôtels, les bureaux, les magasins ou dans d’autres lieux.

A Genève ce 20 janvier, les grévistes de l’Holiday Inn de Clichy se font les porte-paroles de tous les invisibles de la sous-traitance dans l’hôtellerie

Depuis 3 mois, les surexploités de la sous-traitance revendiquent :

  • Leur internalisation chez Holiday Inn, le donneur d’ordres du sous-traitant, par leur embauche directe par l’hôtel ;
  • le respect des contrats de travail ;
  • la suppression de la clause de mobilité ;
  • l’augmentation des qualifications, donc des salaires, avec notamment le passage en
    catégorie B ;
  • le respect des accords de site sur la durée du travail passés avec la précédente société sous-traitante qui a perdu le marché face à Héméra, « moins-disante » ;
  • le paiement de toutes les heures travaillées ;
  • le versement d’une prime de panier, comme pour les salarié(e)s de l’hôtel ;
  • l’attribution d’une prime de 13ème mois, égale à 1/12ème du salaire annuel ;
  • la suppression de l’abattement de 8 % sur la base des cotisations sociales ;
  • l’élection de délégués de proximité au sein de l’hôtel Holiday Inn de Clichy.

Les grévistes ne lâcheront rien !

Parce que être payé à la chambre et ne pas être payé pour toutes ses heures travail est illégal, ça s’appelle du « travail dissimulé ».
Parce que travailler à l’Holiday Inn de Clichy et ne pas bénéficier d’un statut social équivalent à ceux employés directement par l’hôtel est scandaleux et constitue un délit de marchandage.
Parce qu’elles et ils ont droit au respect de leur dignité, qu’elles et ils soient d’origine immigrée ou pas.
Parce que le groupe Inter-Continental (4 000 hôtels dans le monde) propriétaire, entre autres, de la marque Holiday Inn, a fait 400 millions d’euros de bénéfices en 2016 et a largement les moyens de satisfaire les revendications des grévistes de Clichy.

Merci de votre soutien à la lutte des invisibles de la sous-traitance
Après le formidable soutien reçu à Barcelone le 1er décembre 2017, à Londres le 16 décembre, à Bruxelles le 10 janvier 2018, les grévistes remercient par avance tous les Genevois (ses) de la solidarité qu’ils voudront bien leur manifester.
Ils saluent chaleureusement la solidarité des syndicats suisses qui ont organisé leur accueil à Genève.

Ce samedi, rendez-vous à 12.30h devant l’Hôtel Intercontinental avec la délégation de Paris !

P.-S.

La caisse de grève : https://www.lepotcommun.fr/pot/0snu1eea

A Genève, une lutte bien similaire se déroule en ce moment : Les travailleuses de l’EMS de Plaintamour sont aussi en lutte contre l’externalisation de leur services !.

Ce texte n’est pas entièrement féminisé. Renversé encourage la féminisation d’articles !

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