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[Thônex] Joyeux Anni Cazimir

Un an après l’occupation du champ « Cazimir » des Communaux d’Ambilly à Thonêx, l’avancée des travaux du super éco-quartier promis est toujours à l’état de néant (les travaux devaient commencer ce printemps pour la première partie des constructions et d’ici plusieurs années pour notre petit bout de champ occupé). On ne peut que s’en réjouir puisque que cet « éco-quartier » va bétonner 40 hectares de champs cultivés, pour construire des super parkings, un poste de police et une route à quatre voies.

Néanmoins, ces relous de keufs (merci pour rien la BRIC) et le maire de la commune française d’Ambilly, soit disant admis à la cause de l’occup’ (qui a invoqué l’état d’urgence pour nous dégager de sa mairie, big up aux jeunes annemassiens) auraient pu nous laisser construire notre cabane et faire pousser nos légumes. On y aurait bu du super bon café, mangé des supers salades et eut de supers chouettes discussions avec les promeneurEUSEs. Mais non, les projets regroupant des jeunes motivéEs à expérimenter une agriculture alternative, que ce soit en termes de techniques maraîchères ou de non-commercialisation de la production, n’intéressent pas les gens du pouvoir. Ils ont préféré protéger une partie minuscule des nombreux hectares d’un paysan richissime travaillant pour le McDo. Qui s’en étonne ? On aurait pu tout aussi bien écrire cet article le jour même de l’évacuation.

Si le projet que nous portions dans nos rêves, possible à travers cette réappropriation temporaire n’a pas eu lieu, il n’en ressort que plus fort. Ce qu’il s’est passé il y a un an n’a pas été qu’un échec. Cela a permis à de nombreuses personnes de se rencontrer, de se connaître, de tisser des liens qui aujourd’hui font un pas en avant vers ces rêves. C’est bien pour cela que nous réoccuperons des terres à l’avenir, demain ou dans cinq ans, pour créer ne serait-ce que quelques jours, des espaces hors du travail salarié, hors du train-train quotidien de nos vies, afin de vivre comme on l’entend.

Si vous saviez, vous les policiers et politiciens comme vous nous soûlez avec vos faux-discours et votre répression, avec vos manigances électoralistes prônant la permaculture et le gaz lacrymo.

Sachez que l’on se rencontre, que l’on discute, que l’on rêve, et qu’on attend pas que vous nous donniez la permission pour qu’on puisse produire notre propre bouffe pour la donner à qui on veut. Quand l’on crie « A, Anti, Anticapitalista » dans la rue c’est pas pour se donner l’impression d’être un joli bloc le temps d’une manif, c’est pour vous dire du fond de nos tripes qu’on veut pas de votre système trop nul, qui ne laisse pas la place à l’échange non-marchand et à notre émancipation !

Vous pensez avoir gagné l’année passée mais en réalité, vous avez perdu. Vous verrez.

Des paysanNEs sans terres vénères.

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