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La Grande Bretagne veut une prison au Nigeria pour faciliter les renvois

Le gouvernement britannique a récemment annoncé son intention de construire une nouvelle aile dans une prison au Nigeria. L’aile de 112 places à la prison à sécurité maximale de Kirikiri, à Apapa, dans l’État de Lagos, permettra l’expulsion de prisonniers du Royaume-Uni vers le Nigeria. L’Etat britannique avait signé un accord en 2014 avec le Nigeria pour permettre ce type d’expulsions. La prison de sécurité maximale de Kirikiri a été construite en 1955, cinq ans avant que le Nigeria devienne officiellement indépendant de la domination coloniale britannique. La capacité officielle de la prison est de 1’056 personnes. En mars 2018, la prison contenait environ 5 000 prisonniers.

L’aile de la prison au Nigeria n’est pas le premier projet de construction de prison que l’Etat britannique a tenté de lancer. En 2015, le Premier ministre David Cameron a annoncé son intention de construire une nouvelle prison en Jamaïque aux mêmes fins – pour permettre le transfert de prisonniers entre les deux pays. 25 millions de livres ont été offerts pour la construction d’une nouvelle prison pour 1 500 personnes dans le cadre d’un programme d’aide de 300 millions de livres sterling à la Jamaïque pour accroître le commerce et l’exploitation mondiale. L’enveloppe, qui ne couvrait que 40% du coût, a finalement été rejeté par l’État jamaïcain. […] La première prison que les Britanniques tentèrent de construire en 1882 fut inexorablement visée par les anticolonialistes, qui furent capables de l’incendier facilement grâce à sa structure faite de murs de paille et de boue. En 1885, le gouvernement colonial a importé des briques d’Angleterre pour £ 16 000 et reconstruit la prison. La puissance néo-coloniale, avec des organismes coercitifs tels que le Fonds Monétaire International, continue à diriger la production dans le pays en la détournant de l’agriculture adressée aux besoins nationaux vers les industries d’extraction des ressources et des combustibles fossiles.

Avant 2006, la plupart des prisonniers de nationalité étrangère étaient simplement libérés de prison à la fin des peines. La loi britannique de 2007 sur les frontières, introduite par le gouvernement travailliste, a marqué un tournant. Il a établi que les « criminels étrangers » purgeant une peine de 12 mois ou plus doivent être automatiquement expulsés et que tous les non-ressortissants condamnés à une peine d’emprisonnement seraient sous mesure d’expulsion, quelle que soit leur situation. […]

De même, la distinction entre « bon / méritant migrant » et « mauvais / indigne migrant » ou « réfugié vulnérable » peut renforcer l’acceptation de l’emprisonnement, de la déportation et du régime frontalier pour ceux qui tombent dans les mailles du système de justice pénale. […] Parallèlement, le gouvernement britannique continue de travailler sur son programme d’expansion des prisons à 1,3 milliard de livres sterling.

P.-S.

Traduction de l’article publié sur hurrya trouvé sur article13.noblogs.org. Pas tout l’article a été traduit.
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