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UNIGE - faculté des sciences, vers une censure des débats contestataires ?

Cet article a été rédigé dans le but de dénoncer la politique de censure que semble mener actuellement la faculté des sciences de l’université de Genève, et en particulier la section de Biologie. Il s’agit d’une co-rédaction par des auteur.e.s anonymes faisant partie du collectif contre la censure, et aucune personne ne saurait être tenue pour responsable de sa création.

Censure directe

Une série d’événements récents, mis en perspective, semble indiquer une dynamique de censure de la part de l’université et du corps professoral et de recherche.
Le premier élément qui peut expliquer le caractère exacerbé et explicite qu’a pris la censure ces derniers temps est un cendrier de vote posé devant le bâtiment de sciences III, celui-ci portant la question : « L’expérimentation animale ? Pour ou contre ». Après que des étudiant.e.s indépendant.e.s du projet à l’origine de ces cendriers de vote, ont - au travers d’une volonté politique de dénonciation – rempli le côté « contre » de l’urne, le représentant du projet a reçu plusieurs e-mails et appels du rectorat, à la demande de différent.e.s professeur.e.s de l’université, le sommant de retirer sur le champ cette question dite « trop politique ». Aucun parti ne sera pris quant aux agissements de ces étudiant.e.s. Cependant, force est de constater que les chercheuse.eur.s et enseignant.e.s ont demandé le retrait de la question, plutôt qu’une remise à zéro du vote. Que la question censurée portait sur l’expérimentation animale (sujet qui est source du plus grand dérangement en biologie), quand d’autres questions à caractère politique (« La désobéissance civile est-elle une nécessité ? » ; « Recherche de profit et écologie, est-ce compatible ? » ; etc.) n’ont reçu aucune demande de retrait. Les scientifiques agiraient-elles.ils plutôt selon leurs intérêts directs que par volonté d’objectivité ? Qu’en est-il dans ce cas de la neutralité scientifique ?

Plus récemment maintenant, certain.e.s professeur.e.s ont été observé.e.s par des étudiant.e.s, enlevant des affiches du festival antispéciste « Morsures » disposées sur des panneaux d’affichage libres, au milieu d’annonces faisant la promotion d’autres festivals, événements culturels, voire des annonces commerciales, politiques, etc. qui n’ont pourtant pas reçu le même traitement.s

Discours unilatéral et endoctrinement ?

Parmi les multiples et vigoureuses réactions à cet événement, le professeur Ivan Rodriguez, a décidé d’introduire son cours (Neurosciences ; donné en première année de biologie) par sa vision du véganisme, de l’antispécisme et de l’expérimentation animale. Cela pourrait ne pas être problématique, voire représenter un grand intérêt, sans la volonté de ne pas laisser de place à une quelconque réponse ou contestation, sans jouir de son statut de professeur.e pour donner à ses paroles un caractère d’autorité et pouvoir poursuivre prestement le cours. Cela n’aurait pas non plus posé problème, si ces paroles avaient été prononcées comme avis personnel plutôt que sur un ton d’universalité et de vérité absolue qui leur donne un aspect de propagande plus que d’ouverture au débat.
Cette anecdote s’inscrit dans une série, dont la longueur et la récurrence des exemples fait la dangerosité. Si l’on regarde la chose avec un peu plus de recul, on s’aperçoit que les élèves assis.e.s dans l’amphithéâtre, formé.e.s pour devenir les futur.e.s biologistes, ou simplement des citoyen.ne.s, n’entendent durant leur scolarité qu’un seul discours, unilatéral, à la rhétorique bien peaufinée, et qui séduit tant il permet de résoudre facilement un problème moral si complexe qu’est celui de l’expérimentation animale.
Ces étudiant.e.s n’auront à aucun moment la possibilité de remettre en cause ce qui leur est dit et la figure de savoir et d’autorité, que représente la professeur.e, les poussera malgré elleux à accorder une confiance démesurée à ce discours. Sans vouloir infantiliser ces étudiant.e.s, il semble simplement plausible que de passer plus de 5 ans à écouter le même discours pendant huit heures par jour puisse avoir un léger impact sur la capacité de discernement et l’esprit critique.

Développer l’esprit critique, vocation de l’université ?

À la suite de l’ « affaire du cendrier de vote », les étudiant.e.s concerné.e.s organisèrent une rencontre en privé avec Monsieur Milinkovitch, président de la section de biologie, ainsi qu’une secrétaire aux études - présente en témoin. Cette rencontre avait pour but de leur permettre de s‘expliquer sur leur agissement, ainsi que de revenir sur le fait que, selon elleux, la question de l’expérimentation animale était traitée de manière unilatérale. C’est lors de cette rencontre que Mr. Milinkovitch a prononcé les paroles qui ont engendré la citation se trouvant au recto du présent flyer, à propos de laquelle il semble important d’amener quelques précisions :

* Citation issue de la synthèse de deux réponses réparties sur deux phrases consécutives.
Remise en contexte :
(P2 est l’un.e des étudiant.e.s, M.C.M. est le professeur Milinkovitch)
P2 : « L’université devrait permettre aux deux points de vue [sur l’expérimentation animale] de s’exprimer »
M.C.M. : « Non, l’université n’est pas le lieu pour ça »
P2 : « Pourtant elle a pour rôle d’apprendre aux étudiants à réfléchir par eux-même et à développer leur esprit critique, ne croyez-vous pas ? »
M.C.M. : « Non, ce n’est pas le rôle de l’université, ce n’est pas un lieu de débat[...] ».

La science, une objectivité sans faille ?

Si la science n’accepte plus la remise en cause, alors qu’en est-il de l’état de son objectivité, de son rôle dans la société ? Se résume-t-il à un rôle politico-économique ? Fournir les grandes industries en connaissances permettant l’exploitation de ressources et la génération de chiffre d’affaire, tout en soutenant le discours le plus arrangeant ?

Collectif contre la censure

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