Répression - Enfermement Prisonniers politiques

Déclaration de Georges Ibrahim Abdallah 21.10.17

Né le 2 avril 1951 à Kobayat, dans le nord du Liban, Georges Ibrahim Abdallah est un communiste arabe. Il a milité au sein du Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP) et des Fractions Armées Révolutionnaires Libanaises (FARL).

Il est arrêté en 1984 à Lyon puis condamné à la perpétuité. Même emprisonné il continura à lutter et a assumer sa position de révolutionnaire. Libérable depuis 2003, toutes ses demandes de remise en liberté lui ont été refusée.

Voici sa déclaration à l’entrée de sa 34e année d’incarcération.

France |

Cher »e »s camarades, cher »e »s ami »e »s,

Vous savoir rassemblé-es en ces moments face à ces abominables murs et autres miradors nous apporte ici, beaucoup de force et nous fait chaud au coeur. L’ambiance, toute l’ambiance change dans ces sinistres lieux quand l’écho de la vie agissante vient percuter la platitude sans nom d’une quotidienne carcérale mortifère … ainsi, si près de nos cellules, la résonance de votre présence suscite beaucoup d’émotion et autant d’enthousiasme…
Certainement camarades, les diverses initiatives solidaires que vous avez su développer tout au long de cette 33e année de captivité, non seulement ont participé efficacement à démasquer l’absurdité de l’acharnement judiciaire et la vengeance d’État, mais surtout elles ont apporté un cinglant démenti à tous ceux et celles qui misaient sur l’essoufflement de votre élan solidaire.
Bien entendu Camarades, vous n’êtes pas sans savoir que c’est aussi grâce à cette mobilisation dans la diversité de l’engagement que les protagonistes révolutionnaires ici dans les geôles de la république ainsi qu’ailleurs, arrivent à tenir debout derrière les abominables murs en dépit des toutes ces années de captivité…
Force est de constater Camarades, que la politique d’anéantissement dont font l’objet les protagonistes révolutionnaires incarcérés, est vouée immanquablement à l’échec dans la mesure où l’on assume la solidarité sur le terrain de la lutte anticapitaliste/anti-impérialiste. On n’y insiste jamais assez camarades, ce n’est qu’en assumant la solidarité sur le terrain de la lutte de classe en cours et dans toutes ses dimensions que l’on apporte le soutien le plus efficace à nos camarades prisonniers.
À l’aube de cette 34e année de captivité, vous êtes toujours là Camarades, sur le terrain de la lutte et vos multiples initiatives réconfortent et fortifient plus que jamais ma résolution et ma détermination. À mes côtés ici des valeureux camarades basques résistent toujours, et depuis tant d’années. L’aménagement des peines ainsi que la « suspension des peines pour raison médicale » sont systématiquement refusés du moment où l’en est militant basque. Le cas du Camarade Ibon Fernandez est symptomatique à cet égard. Et pourtant on aurait pu s’attendre à autre chose suite à l’initiative toujours en cours de leur principale organisation de lutte.
Ceci dit Camarades, des geôles sionistes à celles du Maroc, des cellules d’isolement en Turquie à celles encore plus sombres en Grèce, aux Philippines et ailleurs en Europe et de par le monde, c’est toujours le même constat : au fur et à mesure que la crise du système s’approfondit et se généralise, l’acharnement judiciaire devient un simple élément d’une large panoplie mise à disposition de la contre-révolution préventive. Bien entendu cette panoplie des mesures et des lois ne cesse de s’étoffer toujours plus Camarades en ces temps de crise générale où l’on transforme les mesures de l’État d’urgence en simple loi du droit commun.

Camarades, les conditions de détention dans les geôles sionistes ne cessent de s’empirer de jour en jour en dépit des accords conclus lors de la dernière grève de la faim. Et comme vous le savez Camarades, pour y faire face, la solidarité internationale s’avère une arme indispensable…
Bien entendu les masses populaires palestiniennes et leurs avant-gardes révolutionnaires peuvent toujours compter sur votre mobilisation. C’est une belle occasion pour dire au criminel Netanyahou et ses consorts que le peuple palestinien n’est pas seul.
Peut-être faut-il toujours rappeler que plus de 300 enfants, des Fleurs et des Lionceaux, croupissent dans les geôles sionistes dans des conditions particulièrement difficiles.
Peut-être faut-il rappeler que le nombre de détenus administratifs ne cessent de se multiplier. Et certainement le Camarade Salah Hamouri ne sera pas le dernier du moment où l’occupant n’a pas à rendre compte devant les instances internationales de la barbarie et de ses mesures arbitraires qui frappent au quotidien tout un peuple.

Que mille initiatives solidaires fleurissent en faveur des Fleurs et Lionceaux palestiniens !
Que mille initiatives solidaires fleurissent en faveur des masses populaires en lutte !
Que mille initiatives solidaires fleurissent en faveur des révolutionnaires qui résistent dans les geôles sionistes et dans les cellules d’isolement au Maroc, en Turquie, en Grèce, aux Philippines et ailleurs de par le monde !
À bas l’impérialisme et ses chiens de garde sionistes et autres réactionnaires arabes !
Honneur aux martyrs et aux masses populaires en lutte !

La solidarité, toute la solidarité avec la lutte du peuple palestinien et ses résistants incarcérés !
La solidarité, toute la solidarité avec les camarades grévistes de la faim dans les geôles marocaines !
Honneur aux valeureux combattants du PKK !
Le capitalisme n’est plus que barbarie !

Ensemble camarades et ce n’est qu’ensemble que nous vaincrons !
À vous tous camarades mes plus chaleureuses salutations révolutionnaires.

Votre camarade Georges Abdallah

P.S.

Source et informations : http://liberonsgeorges.samizdat.net et www.secoursrouge.org

Notes

DANS LA MÊME THÉMATIQUE

À L'ACTUALITÉ

Publiez !

Comment publier sur Renversé?

Renversé est ouvert à la publication. La proposition d'article se fait à travers l’interface privée du site. Si vous rencontrez le moindre problème ou que vous avez des questions, n’hésitez pas à nous le faire savoir
par e-mail: contact@renverse.co