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Champ-Dollon : Solidarité avec les blocages contre les conditions qui se dégradent

La semaine passée, les détenu·e·s de plusieurs étages de la prison de Champ-Dollon ont procédé à des blocages en refusant de regagner leur cellules à la fin de la promenade afin de protester face à la dégradation de leurs conditions de détentions. Il nous a notamment été rapporté que, dans l’aile nord, un détenu placé dans une cellule de 5 personnes aurait incendié sa cellule en signe de protestation. Personne n’a été blessé.

Genève |

D’après les informations publiées dans la presse et celles que nous avons pu récolter, les mouvements de protestation des détenu·e·s qui secouent actuellement Champ-Dollon portent sur la dégradation des conditions de détention. Dégradation qui serait liée au soi-disant “manque” croissant de personnel pénitentiaire. De nombreuses activités dont l’accès à la salle de sport ont été annulées ou réduites. Les visites des proches ont été limitées, voire supprimées certains jours et les délais pour les communications téléphoniques avec les proches ont été rallongés. Les détenu·e·s se retrouvent ainsi enfermés de longues heures, 23h sur 24h, privé·e·s de toute possibilité ne serait-ce que de sortir ou de s’aérer. Les repas en commun dans les couloirs ont également été supprimés. Les détenu·e·s sont contraint·e·s de manger enfermé·e·s dans leurs cellules surpeuplées. Certain·e·s ont même rapporté des “oublis” de distribution de repas. Et on ne parle pas des humiliations des gardiens.

De nombreuses activités dont l'accès à la salle de sport ont été annulées ou réduites. Les visites des proches ont été limitées, voire supprimées certains jours et les délais pour les communications téléphoniques avec les proches ont été rallongés.

À cela s’ajoute les fortes chaleurs qui, comme chaque année, aggravent la situation. Les cellules surpeuplées deviennent de véritables étuves, rendant la vie quotidienne insupportable. L’été dernier déjà, la chaleur extrême avait provoqué de nombreux signalements et protestations, sans que des solutions durables ne soient apportées. Les détenu·e·s doivent batailler pour que les matons ouvrent la trappe de la porte de la cellule, permettant la circulation de l’air. Les ventilateurs sont très anciens et poussiéreux. L’eau fraîche et les douches ne sont pas disponibles en quantité suffisante pour se rafraîchir.

Cette situation et les conditions de détention indignes sont évidemment inacceptables. Selon nos informations, certain·e·s détenu·e·s ont été remis·e·s de force dans leurs cellules et violenté·e·s suite au mouvement de protestation. Plusieurs d’entre elleux auraient été sanctionné·e·s et placé·e·s à l’isolement, au cachot, en guise de punition.

Selon nos informations, certain·e·s détenu·e·s ont été remis·e·s de force dans leurs cellules et violenté·e·s suite au mouvement de protestation. Plusieurs d'entre elleux auraient été sanctionné·e·s et placé·e·s à l'isolement, au cachot, en guise de punition.

Pour rappel, la vaste majorité des personnes enfermées à Champ-Dollon y sont détenues de manière préventive ou pour des délits mineurs liés à la pauvreté ou à la migration. Cette situation est le résultat délibéré d’une politique pénale qui vise le maintien de l’ordre social plutôt que l’éradication de la violence dans la société. En criminalisant et en ciblant ultra-majoritairement les comportements des couches les plus précaires de la population (commerce de stupéfiant, migration irrégulière, travail du sexe, vol, etc.) le système pénal reproduit essentiellement une hiérarchie sociale fondée sur la domination d’une élite blanche et bourgeoise qui se réserve le luxe de “l’innocence”.

Les autorités semblent incapables d’apporter des réponses concrètes à cette situation qui s’aggrave chaque été. Il existe pourtant une solution simple et efficace afin de combattre la surpopulation carcérale : la libération de détenu·e·s. Car le nombre de détenu·e·s n’est pas lié au taux de criminalité mais à la politique de surincarcération du ministère public qui choisit d’enfermer massivement pour des faits de petite criminalité ou des amendes.

Il existe pourtant une solution simple et efficace afin de combattre la surpopulation carcérale : la libération de détenu·e·s.

Nous envoyons toute notre force et notre solidarité aux détenu·e·s, à leurs proches, et à toutes celles et ceux qui luttent contre les conditions de détentions indignes et ce système pénal destructeur.

Vive la lutte des détenu·e·s !
Vive la solidarité à l’intérieur comme à l’extérieur !
On ne lâchera rien !

Pour un monde sans prisons.

P.S.

Nous appelons toutes les personnes concernées — détenu·e·s, ancien·ne·s détenu·e·s, proches ou toute personne ayant des informations sur les protestations et les conditions de détention à nous partager ces informations et à nous contacter par courriel (parlons_prisons@riseup.net), ou via Instagram (@parlonsprisons).

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