Migrations - Frontières

Droit de rester et le collectif des Burundais demandent la libération de K et l’arrêt immédiat des expulsions vers le Burundi

Le 15 avril, la police a arrêté K pour l’enfermer au Centre de détention administrative de Frambois et organiser son expulsion vers le Burundi, un pays où les personnes de retour d’exil font face à la prison, aux disparitions forcées ou à la mort.

Lausanne |

Le 15 avril, la police a arrêté K pour l’enfermer au Centre de détention administrative de Frambois et organiser son expulsion vers le Burundi, un pays où les personnes de retour d’exil font face à la prison, aux disparitions forcées ou à la mort.

La police a arrêté K le 15 avril pour l’enfermer au Centre de détention administrative, avec pour unique raison le fait qu’il s’est vu refuser une autorisation de séjour sur le territoire suisse. Ce dimanche à 5h du matin, les autorités ont tenté de le mettre dans un avion de force, menotté, pour le renvoyer au Burundi. Il a pu empêcher l’exécution du renvoi en s’y opposant, et a été ramené à Frambois dans l’attente de l’organisation d’un vol spécial.

“Peu importe d’où on revient (Europe, Rwanda, Congo, … ), si on retourne au Burundi, on est accusé d’être rebelle et on se fait emprisonné, et ça c’est si on a de la chance”.

Comme nombre de ses compatriotes, K a fui le Burundi pour échapper aux conséquences de la guerre au Congo, devenue une guerre régionale impactant également le Burundi. Une crise des droits humains et une impunité généralisée face à leur violation a été dénoncée par le rapporteur spécial des Nations Unies au Burundi. L’ONU a d’ailleurs retiré la majorité de son personnel international du Burundi à cause de l’aggravation de la situation. La Suisse veut néanmoins exécuter le renvoi de K vers ces incarcérations et disparitions forcées dénoncées par le FOCODE [1] à propos des Burundais.e.s de retour d’exil. Au vu des violences qu’a subi K au Burundi, de son état de santé et du danger de mort qu’il risque en raison d’un avis de recherche, nous demandons aux autorités de faire le nécessaire pour annuler l’exécution de ce renvoi, tout en lui accordant le statut de réfugié.

Nous sommes nombreux.ses à être indigné.e.s par cette arrestation. Nous avons envoyé des mails demandant la libération urgente de K à la Conseillère d’Etat vaudoise chargée de l’asile, Mme Moret, au Service de la Population du canton de Vaud, ainsi qu’au Secrétariat d’Etat à la Migration à Berne. Jeudi dernier, nous avons manifesté devant le SPOP pour demander au Canton de ne pas exécuter le renvoi demandé par le SEM, ce qui relève de leur compétence (cf. art. 46 al. 1 en lien avec l’art. 27 al. 3 LAsi).

La Suisse investit des milliards non dans l’accueil mais dans la répression et la construction d’une forteresse aux frontières meurtrières. Ce qui arrive à K n’est qu’une des étapes scandaleuses des procédures d’asile en Suisse. Ces situations sont loin d’être des cas isolés, elles sont emblématiques de violences structurelles auxquelles se heurtent les personnes sans statut de séjour valable en Suisse.

Nous invitons les médias à alerter sur la condition des exilé.e.s débouté.e.s, notamment du Burundi. K fait partie d’un collectif qui organise une conférence de presse en collaboration avec Droit de Rester pour demander à la Suisse de ne pas renvoyer des personnes au Burundi. Cette conférence aura lieu le 14 mai à 14h à Pôle Sud, les informations suivront.

Liberté pour K et toutes les personnes incarcérées !
STOP aux renvois !

Droit de Rester Lausanne
collectif@stoprenvoi.ch

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