Anticapitalisme - Lutte des classes Précarité

Recette pour fabriquer un esclave moderne

Tout d’abord prendre un employé consciencieux qui a travaillé des années dans la même boîte. Permettre que l’entreprise délocalise à l’étranger, même si son chiffre d’affaire est excellent. Avoir toujours à portée de main des lois qui protègent d’avantage le grand patronat que le travailleur.

Faire basculer ledit travailleur au chômage, en veillant bien à lui faire croire que si l’entreprise déménage, c’est dû à la crise, histoire de masquer l’injustice qu’il subit. Lui offrir quelques cours de techniques de recherche d’emplois car après tout, s’il ne retrouve toujours pas d’emploi, c’est qu’il s’y prend mal.

Une fois tous ces cours suivis et toujours pas de boulot à l’horizon, il est à point psychologiquement pour comprendre qu’il va finir à l’assistance publique. Après l’avoir fait mijoter deux ans au chômage, le précipiter sans ménagement à l’Hospice Général.

Nous arrivons là à la deuxième étape de la recette :

Le dépouiller de tous ses biens acquis à la sueur de son front lorsqu’il était travailleur émérite. Adieu voiture (sauf si elle ne vaut pratiquement plus rien), petit chalet en Valais, assurance-vie, etc… Bien lui préciser que, certes il a des droits, mais se sont ceux qu’on veut bien lui accorder et que les atteintes à sa dignité ne sont qu’un leurre ; sa dignité, il l’a perdue en demandant l’aide sociale. Il devra d’ailleurs faire des efforts considérables pour qu’elle lui soit restaurée (voir contrat CASI). Lui faire comprendre, sans le dire explicitement toutefois, qu’il est responsable de sa situation.

Pour rappel, au moment de perdre son travail, on lui précisait que ce n’était pas de sa faute, mais de celle de la crise. D’ailleurs, il doit être pris en charge par l’Hospice afin d’être responsabilisé car oui, si à ce stade il n’a toujours pas retrouvé un emploi, c’est bien de sa faute. Surtout, ne pas lui faire prendre conscience que le secteur tertiaire occupe plus de 80 % du marché de l’emploi à Genève et que lui vient du secondaire. Lui faire faire des stages gratuits et infantilisant afin de bien lui faire comprendre qu’il est éloigné du marché de l’emploi (lequel ? là, surtout éviter de préciser, d’ailleurs si ça se trouve, vous ne savez pas vous-même lequel). Une fois qu’il a atteint un certain degré de manque de confiance et de désespoir, lui proposer un Emploi de Solidarité pour un salaire net en dessous de Fr. 3’000 qu’il n’aura pas d’autre choix d’accepter sous peine d’être traité de paresseux et de se voir sanctionné.

Au final, vous aurez un employé docile et corvéable à souhait !

Anne-Marie Peysson

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