Féminismes - Genre - Sexualités Thème du mois

Agressions sexuelles dans les milieux militants : quelques pistes de réflexion

Pour le thème du mois de renversé, turfu féministe, on a décidé de mettre par écrit nos dernières réflexions sur la gestion des agressions sexistes et sexuelles dans les milieux militants. Ce texte est une mise par écrit des réflexions qui ont eu lieu lors d’un atelier en mixité, interne à la CUAE.

Le point de départ de notre atelier a été le constat que « chez nous » aussi, les agressions sexuelles existent. Et elles sont d’autant plus insidieuses quand les mecs-cis se disent « alliés », « pro-féministes », font des bouffes de soutien à la grève féministe et se sentent bien à l’abri de tout ça. Alors commençons par là. Des agressions il y en a aussi à la CUAE, aussi dans tous les espaces de luttes qui gravitent autour, et généralement, elles sont plutôt mal gérées.

Ce texte n’est pas trié, pas structué, pas normé, pas uniformisé. Il a été écrit collectivement donc les "je" et les "nous" ne sont pas toujours les mêmes. On a décidé de le laisser tel quel car c’est un état "brut" de nos réflexions à l’atelier. Il a vocation à être modifié, à être réléchi encore et encore : on sait bien que c’est un sujet délicat. On est d’ailleurs preneusexs de toutes les remarques et réflexions qui vous sembleront pertinentes. Vous pouvez nous écrire à genre@cuae.ch. La réflexion ne va pas s’arrêter là, donc n’hésitez pas à nous faire signe si vous avez envie de venir en discuter lors de nos prochaines rencontres autour de ce thème !

Un atelier féministe en mixité ? Ouh la la

Préparer cet atelier a été compliqué parce qu’on ne savait pas quelle forme envisager. On n’avait pas envie de donner un cours style profs-élèves aux mecs-cis, parce que même si ça allait leur apporter beaucoup, nous, on n’apprendrait rien. Et personnellement ça me soûle de donner des cours gratuits pendant mes vacances. Mais d’un autre côté, toutes les réflexions hyper intéressantes qu’on souhaitait aborder ensemble ben...on voulait pas le faire avec eux. D’une part, parce qu’on savait qu’ils n’étaient pas autant au taquet que nous et qu’il allait peut-être leur être difficile de pousser la réflexion loin. D’autre part, parce qu’on avait pas forcément envie d’entendre leur avis sur des sujets aussi sensibles que les agressions sexuelles. Finalement, on a décidé de couper la poire en deux. Il nous semblait important de s’attaquer à ce sujet en mixité pour que la charge ne soit pas toujours portée par les mêmes personnes, mais on voulait aussi que ça nous apporte quelque chose. Notre atelier s’est donc déroulé de la manière suivante : d’abord une partie théorique sur le harcèlement sexuel, ensuite un moment de lecture de brochures chacunxe dans son coin et enfin, une mise en commun et discussion. Les brochures qu’on a utilisées sont citées en bas de cet article. On s’en est aussi inspiré librement pour écrire ce texte.

De la gêne quand on parle de violences sexuelles avec des mecs-cis

On savait que cet atelier allait être ultra gênant et ça n’a pas loupé. Dès le moment où on a annoncé "on va parler d’agressions et de harcèlement sexuel dans les milieux militants", on a vu les visages des mecs-cis se décomposer. Vous voulez dire que parler de viol casse l’ambiance ?? Oups. Le moment que je redoutais était la mise en commun après la lecture des brochures. On avait peur d’entendre des trucs glauques, peur qu’ils soient chiants et en mode mansplaining, flemme qu’ils disent des trucs chouettes mais de façon performative... mais ce qui nous inquiétait le plus, c’est qu’ils n’osent rien dire du tout. Au début, c’est clairement ce qu’il s’est passé. Le premier gars du tour de table avait l’air de se demander pourquoi ça tombait sur lui et a dit qu’il ne se sentait pas du tout légitime à se prononcer sur ce genre de sujet. L’ambiance était hyper tendue et on avait peur que tout le monde se braque et que ça ne mène nulle part. Lentement mais sûrement, l’échange s’est fluidifié et les mecs suivants ont un peu plus osé s’exprimer. Mais la gêne, elle, n’a pas disparu.

Mais pourquoi c’est si gênant de parler d’agressions et de harcèlement avec des mecs-cis ? Est-ce que c’est parce que nous, on se demande s’ils ont été agresseurs et que eux se demandent si on a été agresséexs ? Parce que la réponse est probablement oui des deux côtés ? Est-ce que c’est parce qu’ils ont peur de dire une connerie ou est-ce que c’est parce qu’ils n’ont aucune idée de quoi dire tellement on n’a jamais exigé d’eux qu’ils réfléchissent à ces questions ? Est-ce qu’ils auraient besoin qu’on leur dise exactement comment réagir alors que nous, on veut justement partager la charge de devoir tout gérer avec eux ?

C’est compréhensible qu’ils ne sachent pas sur quel pied danser. C’est vrai que nos attentes envers eux sont contradictoires. Enfin, en tout cas les miennes le sont. J’ai pas envie qu’ils parlent, mais ça me soûle quand ils disent rien parce que je trouve ça un peu facile. J’ai pas envie qu’ils agissent parce que tout le monde va les acclamer, mais en même temps j’ai envie de leur hurler de faire quelque chose. J’ai pas envie qu’ils entreprennent des actions ou des réflexions de leur propre chef parce que j’ai peur qu’ils fassent de la merde. Mais j’ai pas non plus envie qu’ils se contentent d’obéir à la Référente Féministe dans leur vie parce que ça leur évite d’avoir à réfléchir par eux-mêmes.

Et pour en revenir à notre sujet, je n’ai pas envie de leur apprendre à réagir correctement face aux cas d’agressions sexuelles. Je trouve ça douloureux, énergivore, chronophage, hyper vulnérabilisant et surtout potentiellement inutile : ça me soûle de faire du travail non-payé pour des mecs-cis qui, si ça se trouve, ne vont même pas m’écouter ou juste tout oublier quand le moment d’agir sera venu : parce que c’est plus confortable de laisser les meufs tout gérer. Mais je me rends aussi compte que si on veut réussir à instaurer une gestion efficace et solide des cas d’agressions et de harcèlement qui se produisent et ne manqueront pas de se reproduire au sein de la CUAE, ce travail est nécessaire. Cette fameuse gêne devient alors complètement essentielle. Tant mieux si les mecs-cis sont gênés quand on leur parle d’agressions sexuelles. En mixité choisie, on a arrêté de marcher sur des oeufs quand on en parle parce que ça fait tellement longtemps que ça revient dans nos conversations qu’on s’y est juste habituéexs. Sûrement que si les mecs-cis avaient, comme nouxs, été obligés de dealer avec ce genre d’histoires depuis leur enfance, ils seraient moins largués quand on leur demande de participer à un atelier féministe. Alors que cette gêne les bouscule ! Qu’elle leur fasse exploser à la gueule toute la violence qu’ils commettent, légitiment et perpétuent. Qu’ils se rendent déjà compte de leur ignorance. Qu’ils apprennent sur le tas, comme nous, qu’ils se trompent et en subissent les conséquences. Qu’ils comprennent que le féminisme n’est pas là pour assurer leur confort en leur donnant une marche à suivre toute faite.

Les agressions sexuelles dans les milieux militants sont une réalité. En parler, c’est dur, surtout en mixité. Mais nous ne voulons plus les ignorer et prétendre qu’elles ne constituent que des incidents isolés. Nous voulons en parler en collectif afin de nous former et d’avoir des réactions adéquates, en accord avec nos valeurs. Nous sommes prêtexs à sortir de notre zone de confort pour en discuter franchement avec nos camarades mecs-cis, quitte à revivre des moments d’intense malaise comme celui que nous avons vécu il y a quelques jours. Au final, ce malaise est quelque chose que nous avons vécu ensemble, en collectif. Nous avons vu qu’il nous était possible de dealer avec cette gêne et de commencer à casser les tabous en mixité. Même si les obstacles étaient parfois difficiles à surmonter, les mecs-cis étaient à l’écoute, prenaient des notes et osaient de temps en temps apporter leur contribution. On sentait que ça percutait. Cette expérience était pour certainexs d’entre nous inédite et nous a montré qu’il est possible d’étendre les possibilités de discussions et d’actions en mixité. Allez, la gêne doit cesser d’être un frein !

En parallèle à ces moments en mixité, on espère bientôt lancer des groupes de réflexions en mixité choisie sur cette thématique. Pour parler de justice, pour parler de vengeance, pour parler de renversement de pouvoir. En attendant, voici un aperçu de nos réflexions communes. On est pas vraiment arrivéexs à des conclusions mais on espère que ces premières réflexions pourront être utiles à d’autres…

La gêne doit cesser d'être un frein pour parler des agressions sexuelles !

Faire appel à la police ou ne pas faire appel à la police ?

La police n’existe pas pour me protéger.

C’est un fait pourtant simple, et qui me semble aujourd’hui évident, mais dont la violence inouïe m’a empêchée de l’intégrer pendant des années. La police n’existe pas pour me protéger. Je le sais pourtant depuis bien longtemps, question de survie. Dans mon existence en tant que femme racisée dans une société qui n’a pas été construite pour moi, une société qui n’a pas été construite avec moi, et une société qui, parfois, ne veut pas de moi, il y a de ces faits que j’ai dû apprendre, inconsciemment, et si jeune. La police n’existe pas pour me protéger.

La police ne me viendra pas en aide.

Question de survie, j’ai dû apprendre et adopter des techniques face au harcèlement de rue, un phénomène généralisé, banalisé et traumatisant. A 17 ans, un homme m’a suivie dans la rue pendant plus de 15 minutes pour avoir mon numéro en s’imaginant pouvoir tirer son coup.

A 21 ans, je raconte cette agression à des proches et leur explique avoir employé des techniques pour tenter me protéger : mettre des clés entre mes doigts, ne jamais regarder l’agresseur dans les yeux, feindre l’incompréhension, ne pas le guider chez moi. Je partage cet évènement effrayant, traumatisant. Je parle de cet individu mais aussi et surtout du système qui a permis à cette agression d’avoir lieu, à celle-ci et à toutes les autres, à moi et à toutexs les autrexs. Ce même système qui ne me considère pas. Un homme cis me demande pourquoi je n’ai pas appelé la police, pourquoi je n’ai pas au moins menacé de le faire. Je n’y avais même pas pensé. Ce n’était même pas une option.

La police n’existe pas pour me protéger.

Dès lors, nous voulons (et devons) construire de réelles alternatives pour protéger les victimes.

De l’exclusion des agresseurs

La question d’exclure ou non un agresseur de nos lieux communs est épineuse. C’est évident que c’est une solution si elle est nécessaire pour la victime ! Ou si l’agresseur ne tient pas sa parole, ou s’il n’y a aucune possibilité de remise en question. En revanche, cette solution entretien l’idée qu’en écartant la “brebis galeuse” on purge le collectif de toute violence. En plus, exclure c’est un peu reproduire les fonctionnements du système pénal actuel. Les “anormaux”, on les met en prison, on les exclut de la société. On les punit sans possibilité de changement. Comme ça, le problème, c’est l’anormal, le violeur, le monstrueux et s’il a été écarté, on est bon. Mais en vrai, notre problème c’est plutôt le normal. Parce que les viols et les agressions, c’est normal, c’est banal, même si ça devrait pas. Alors parfois, ça m’fait doucement sourire ces mec-cis qui s’insurgent et qui mettent tout leur cœur à l’exclusion d’une personne pour que leur collectif garde l’étiquette de lieu “safe” et “féministe”, sans se rendre compte que, comme on est tellement à être des violéexs, les violeurs c’est eux, c’est leurs potes.
L’exclusion est donc une pratique importante dans certaines situations, mais elle est souvent complètement inadaptée et passe à côté du problème de fond.

Notre problème c'est plutôt le normal, parce que les viols et les agressions, c'est normal, même si ça devrait pas...

Nommer les agresseurs publiquement ?

Avec ces réflexes d’exclusions, ces réflexes de rendre monstrueux les agresseurs, on hésite toujours à les dénoncer publiquement (avec le consentement de la victime). Mais en même temps, quand on en a discuté entre copinexs féministes de la CUAE, on s’est bien renduexs compte qu’entre nous, on savait. Sans les mec-cis, les noms tournent, on sait qui sont les agresseurs. On se l’dit peut être pour se protéger entre nous, peut-être parce que ça fait du bien de dénoncer, peut-être pour pas rester silencieusexs.
Du coup finalement, pourquoi pas aussi les dénoncer aux autres mecs-cis ? Est-ce qu’on cherche à protéger les agresseurs des autres masculinités toxiques ? Ou bien à protéger tous les mecs-cis de la réalité des agressions ? Est-ce qu’on sait, au fond, que ceux qui réagissent pas comme on veut aux dénonciations c’est les mecs-cis ? Est-ce qu’on se protège de leur réaction, est-ce qu’on flippe qu’ils prennent leur défense, remettent notre parole ou nos accusations en question ? Finalement qui on protège de qui ? Ou de quoi ? Évidemment, on a pas trouvé de réponse, alors on pose ça là.

Fiches pratiques ?

Lors de l’atelier, on a lu une brochure super qui fait une sorte de fiche pratique pas à pas sur comment gérer des agressions. Elle est pas mal, elle explique des bases, notamment sur comment soutenir une victime. On y reviendra pas, on vous invite à la lire. Là encore, on voyait un peu la différence entre les mecs-cis et nous. Soutenir une victime en fait, c’est un apprentissage. Nous, on a appris sur le tas, à force d’en parler entre nous, d’avoir soutenu nos copinexs dans des processus de reconnaissance de viols, dans des procédures pénales parfois et aussi, surtout peut-être, parce qu’en ayant vécu des violences, on a su comment on voulait que nos potes réagissent. Les mecs-cis avaient pas l’air d’avoir trop réfléchis à ça, sûrement parce qu’ils n’y avaient pas trop été confrontés.
En discutant de fiches pratiques, on s’est aussi dit que finalement il y avait pas de “recette miracle” (voir brochure citée ci-dessous), ou de marche à suivre toute faite. Toutes les victimes sont différentexs, tous les agresseurs sont différents, toutes les agressions aussi. On sait qu’on continuera à accompagner nos copinexs agresséexs si ellexs veulent aller voir les flics ou la justice d’Etat, malgré nos réflexions. On continuera à faire chier pour exclure des agresseurs si c’est ce qu’ellexs veulent et on sera toujours d’accord de se lancer dans des processus de justice réparatrice si c’est possible, si c’est voulu par la victimex. On continuera d’agir sur le tas, parce qu’on sera encore confrontéexs à des cas uniques, parce que trop souvent se soutenir et agir spontanément c’est tout ce qu’il nous reste, c’est tout ce qu’on peut faire.

Quels mots pour parler des violences ?

On a eu des débuts de discussions sur les termes à utiliser quand on parle d’agressions sexuelles. Déjà les termes de “harcèlement”, “agressions”, “viols” sont hyper vagues. Est-ce qu’on les utilise dans un sens juridique ? Les définitions légales ont souvent beaucoup de poids (car légitimées par l’institution), mais en même temps sont hyper restrictives. Par exemple la notion de viol du Code pénal suisse ne désigne qu’une pénétration non-consentie pénis dans vagin, et elle pourrait même être restreinte d’avantage par l’immonde projet d’un nouvel article concernant les “atteintes sexuelles” non-consenties mais sans contrainte physique. Est-ce qu’on demande à la personne ayant subi la violence de choisir le mot qui LUI convient ? On sait que définir ce qu’on a vécu est un processus compliqué qui peut prendre des années. D’un autre côté, imposer un mot comme “viol” à des personnes qui n’avaient pas l’impression d’en avoir subi un peut être extrêmement violent.
Il y a aussi la question des mots désignant les gens : victime ? agresseur ? prédateur ? cible ? violeur ? agresséxe ? survivantxe ? auteur ? Tous ces mots ont des connotations différentes.
Le mot “victime” sous-entend une certaine passivité et déplaît parfois car pas toutes les personnes qui ont subi des agressions ne se reconnaissent dans ce statut. A titre personnel, j’étais assez fan du mot “cible” parce que je le trouvais relativement neutre et sans jugement moral, mais des avis différents ont surgi de nos discussions. Outre sa connotation très guerrière et chasseuse, il découle de la vision de la personne qui agresse et qui considère l’autre comme une cible. Est-ce un problème de parler en quelque sorte du point de vue de l’agresseur ? En même temps, lors d’une agression, on est d’une certaine manière forcéxe à se plier à la vision qu’a de nous l’agresseur. Dès lors, est-ce que le mot “cible” ne rend pas tout simplement compte de cette réalité brutale ? Le mot “survivantxe” est pas mal utilisé mais n’est pas non plus parfait. On peut y voir une sorte de glamourisation/héroïsation du fait d’avoir vécu des violences sexuelles, ce qui peut avoir l’effet pervers d’effacer le côté banal d’une telle expérience.
Pour le côté opposé, celui des agresseurs, les questions sont aussi nombreuses. Est-ce que qualifier une personne de “violeur un point c’est tout”, n’est pas un peu réducteur ? Est-ce que ça ne participe pas à la “monstruisation” des agresseurs, au même titre que le processus d’exclusion ? Est-ce que ça ne crée pas une frontière artificielle entre les good boys et les !AGRESSEURS !, et du coup conforte les prédateurs non-identifiés dans leur idée que, eux, ils n’ont pas besoin de se remettre en question ? D’un autre côté, appelons un chat un chat (un violeur un violeur) ! Est-ce qu’on tourne autour du pot et on utilise des euphémismes dans une réflexion politique ? Ou est-ce juste pour protéger leur ego et leur réputation ?
Est-ce qu’on devrait moins utiliser tous ces mots ? Ou est-ce qu’on devrait tenter de les dédramatiser (dans l’optique qu’être un agresseur ou une victime est tristement banal et que ça ne définit pas une personne dans son entièreté) ? Comment on fait pour parler de quels mots on veut alors qu’on a besoin de mots pour en parler ?

Réflexions sur la vengeance

Poème écrit par l’une d’entre nous sur la vengeance

Après toutes ces réflexions, après toutes ces discussions, après toutes ces constructions ensemble, en mixité, en collectif, on est quand même tombéexs sur des réflexions qui concernent la vengeance. Cette fois, c’était informellement, sans mecs-cis évidemment. On s’est rendues compte que oui, en fait ça peut aussi faire partie d’un processus de reconstruction. Ça contredit pas mal de choses qu’on vient de dire et on en a conscience.
Mais en même temps, on est pas sûrexs que ce soit si contradictoire : d’un côté, l’envie de gérer collectivement des agressions, essayer de faire changer l’agresseur, qu’il reconnaisse, qu’il accepte les conditions de la victime et le faire avec des mecs-cis. De l’autre côté, l’envie de se venger, de renverser les rapports de pouvoir. Une agression, c’est une occurence ultra forte et violente de la domination. L’agresseur prend le pouvoir sur nous. La vengeance, ça peut être une forme de renversement du pouvoir, comme l’exclusion d’ailleurs. C’est comme dire “tu as marqué ma vie avec ta merde, à moi d’avoir un pouvoir sur la tienne”. Une forme de justice réparatrice pour nous. Ça permet aussi de choisir nous même la fin de nos “histoires” avec nos agresseurs. On prend le pouvoir sur notre propre vie, notre propre passé, nos propres traumatismes.

On sait qu'on continuera à accompagner nos copinexs agresséexs si ellexs veulent aller voir les flics ou la justice d'Etat, malgré nos réflexions. On continuera à faire chier pour exclure des agresseurs si c'est ce qu'ellexs veulent et on sera d'accord de se lancer dans des processus de justice réparatrice si c'est possible, si c'est voulu par la victimex

Voilà où on en était à la fin de notre atelier. Il y a mille et une pistes à explorer et on espère que nos réflexions vous auront bousculéexs/intriguéexs/ inspiréexs. Toutes les brochures qui nous ont donné envie d’écrire ce texte sont citées en bas. On a hâte de se réunir à nouveau pour continuer à progresser ensemble. Si vous voulez vous joindre à nous, écrivez-nous : genre@cuae.ch !

Brochures

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