Anticapitalisme - Lutte des classes

[Genève] Johann Rupert n’a plus un rond, licencions chez Richemont

La société Richemont, qui concentre une fortune considérable, s’apprête à licencier plus de 200 employé.e.s en Suisse romande. Unia s’en est mêlé et quelques infos sont sorties sur les grands médias... Petit tour d’horizon des difficultés économiques auxquelles les dirigeants du groupe sont confrontés : les ventes de montres ont chuté d’un quart, mais les revenus des têtes de la boîte restent autour des 9 millions par an... Qui peut croire qu’il n’y a plus d’argent et que c’est la base qu’il faut faire sauter ?

Genève |

Richemont c’est, IWC, Vacheron Constantin, Piaget et Montblanc... Autant dire que là, du cash il y en a, sacrément accumulé sur la rue du Rhône. La boîte est gérée par tout un tas de milliardaires jouant aux chaises musicales pour assumer les différentes fonctions dirigeantes. Le tout est la propriété de Johann Rupert.

Aux ordres de Rupert, Richard Lepeu et Gary Saage se cassent l’année prochaine avec les magots qu’ils ont pu amasser, et de nouvelles têtes vont prendre les rennes de l’empire pendant que le grand chef part se dorer la pilule une petite année... Richard Lepeu formé à l’IEP de Paris dont il sort diplômé en 1974 est passé par Rotschild, puis par Cartier, et Vendôme pour finir par entrer dans le groupe Richemont en 2000. Que des galères en somme. Depuis, il n’est pas sorti de là. Gary Saage, directeur financier, avait, lui, annoncé il y a quelques semaines qu’il n’y aurait pas de nouvelles suppressions de postes chez Richemont. Les deux empochent pourtant autour de 9 millions de francs par an. Mais cette année, ils ont perdu 500’000 CHF, ce qui remet grandement en cause leur niveau de vie...

Alors, ils vont être remplacés par des plus jeunes, aux dents plus acérées, Georges Kern et Jérôme Lambert, pour développer un marketing du groupe plus incisif, notamment en allant chercher de nouveaux marchés comme dans les objets connectés. Rupert l’a promis : « Dans le cas des montres, nous allons regarder comment gérer nos problèmes de surcapacités en adaptant la structure de nos manufactures au niveau de la demande ». Comprenez : des têtes vont tomber, à commencer par celles de plus de 200 employé.e.s réparti.e.s en Suisse romande, aux salaires 100 ou 200 fois plus bas que ceux des dirigeants.

L’ Afrikaneer, Johann Rupert est le deuxième homme le plus riche d’Afrique du sud (dans les 10 milliards, pour ce qui est déclaré). Fils d’un self-made man tout aussi peu fréquentable, Anton Rupert (finance, luxe), est l’héritier du groupe familial Rembrandt Group, qu’il a scindé en deux éléments : Remgro, pour les investissements crades en Afrique du sud (finance, médias, pinard, packaging, construction et mines de diamant) et Richemont pour la filière luxe, basée en Suisse.

Sa femme, Gaynor Rupert, grande joueuse de golf aussi, élève des chevaux de course. Le couple aime les animaux. Lors d’une vente à la ferme tenue par un de ses amis, la Thaba Tholo, Johann a été jusqu’à dépenser plus de 4 millions de dollars pour s’acheter un buffle. Pas pour la chasse cette fois, mais pour la reproduction... Animaux is business also...

Voilà l’univers des Rupert, des fermes de sélection d’espèces ouvertes au safaris de chasse pour millionnaires, des ventes aux enchères, des parties de golf quatre fois par semaine avec son pote Ernie et une collection de vieilles bagnoles, environ 200, exposées dans son musée personnel le Franschhoek Motor Museum.

Johann se permet donc, après 25 ans de dur labeur à amasser du fric chez Richemont avec ses potes, de prendre une année sabbatique pour bouquiner et voyager. “Je veux juste être maître de mon temps” dit-il. Possible que ses employé.e.s suisses, n’en ont pas grand-chose à foutre que Richard, Gary et Johann doivent changer de club de golf ou revendre une de leur Ferrari pour s’offrir un nouveau chien... Peut-être que ses employé.e.s, à qui il a distribué des miettes de sa fortune pour finir par les jeter à la porte auraient bien aimé être maîtres de leur temps aussi...

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