Anticapitalisme - Lutte des classes Police

[Genève] Manif 28.05 : Liberté pour les arrêté-e-s, tout le monde déteste l’austérité

Bref compte-rendu à chaud et perso sur le cortège genevois contre l’austérité du samedi 28 mai.

Genève |

Le cortège anti-austérité est parti depuis le parc des Bastions et a déambulé dans toute la ville avec des slogans anticapitalistes. Une bonne diversité était présente dans le cortège malgré la proximité des examens pour celles et ceux en études.

Pour la première fois, l’avant du cortège a été occupée par des “sans-étiquettes” à l’image de ce qu’il se passe dans plusieurs villes de France depuis le début de la Loi Travail. Le soleil étant bien présent, il a fait chaud sous les masques. Plus d’une centaine de personnes portaient en effet des masques à l’effigie du personnage à moustache blanche du jeu Monopoly.

Le parcours a d’abord débuté en fanfare lorsqu’un improbable fasciste (mais reconnu par ses tatouages) qui traînait par là s’est pris un coup de drapeau avant de dégager dare-dare, manifestement échaudé.

La célèbre Brigade de recherche et d’ilôtage communautaire (BRIC) - police politique locale - s’est attirée les foudres des manifestant-e-s sur le pont du Mont-Blanc, puis sur la rue Chantepoulet, où petits et grands ont entonné “nous sommes de ceux qui niquent la BRIC”.

Un départ en manifestation sauvage en direction de la Vieille-Ville de Genève, lieu qui concentre la plupart des pouvoirs économiques et politiques a été empêché par la police rue De-Candolle. Une quarantaine de flics ont en effet réussi à composer un triple (!) barrage en travers de la rue en un peu moins d’une minute.

Enervé mais pas suicidaire, le cortège a dû repartir en arrière avant de se dissoudre tranquillement sur la Plaine de Plainpalais.

Malgré l’absence totale d’affrontements, la police a procédé à plusieurs arrestations de personnes avant et après la manifestation. Un simple refus de donner son identité lors d’un contrôle peut être assimilé par les flics à un “refus d’accomplir à un acte d’autorité”. Et hop, 6 personnes coffrées avant le début du cortège !

C’est aussi ce qui est arrivé à proximité de l’Eglise du Sacré-Coeur après la dissolution de la manif. Au minimum 8 personnes se sont faites embarquer par la police à ce moment-là. De nombreuses personnes entendant la rumeur de leur arrestation se sont déplacées en courant vers le lieu de la nasse pour les soutenir. Aux slogans “libérez nos camarades” ont répondu les bruyants coups de pieds donnés par les dits camarades dans le fourgon où ils étaient enfermés. Les flics avaient l’air un peu dépassés par les événements et se sont barrés en toute hâte sous les huées. Quelques minutes plus tard, une autre personne s’est faite arrêter au skate-park. La masse de personnes encore rassemblées est partie à la rencontre des forces de l’ordre. La situation était assez confuse, quelques projectiles ont volé, les flics ont sorti leurs matraques et ont réussi encore une fois à embarquer la personne qu’ils avaient dans le collimateur.

Il y aurait toujours des choses à améliorer mais on peut saluer le fait que la solidarité spontanée des manifestant-e-s face aux arrestations a été très bonne. A l’image de textes récemment parus en France, il serait pressant de s’engager dans une discussion sur les tactiques des policiers (voir par exemple : https://lundi.am/Kettling ). Le fait que les flics se permettent d’arrêter au hasard à l’issue des cortèges doit être dénoncé avec la plus grande vigueur, y compris en réfléchissant collectivement à comment les en empêcher de manière adéquate à l’avenir.

Liberté pour les arrêté-e-s / Tout le monde déteste l’austérité.

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