Logement - Squat

Occupation à Sainte-Croix des anciennes usines Reuge

Depuis le 31 janvier, une mobilisation de soutien a lieu à LA BAZ à Sainte-Croix, dans l’ancienne usine Reuge occupée depuis fin novembre 2019. Les occupantEs ont été somméEs de quitter les lieux dès le 4 février et le procès aura lieu le 20 février. Le collectif sur place tient bon et les soutiens convergent de toute part. Ci-dessous quelques nouvelles glanées sur leur blog

Sainte-Croix |
Jeudi passé, on vous invitait à défendre la baz, suite à une menace d’expulsion rapide. Vendredi on recevait un ultimatum : mardi 4 février à 15h00.

La mobilisation d’une petite centaine de personnes sur le W-E accouche de la décision suivante : Celleux qui le souhaitent se retrouvent mardi, pas forcément pour forcer quoi que ce soit, mais pour démontrer le soutien populaire et débattre de la suite à donner.

Et là, coup de théâtre, lundi dans l’après-midi, alors qu’on est 5 ou 6 à papoter volution, notre sergent “préféré” débarque avec deux copains en civil “là par hasard”, nous annoncer un changement de programme : Une entité protéiforme, impossible à réduire à un individu ou même à un groupe d’individus, est en train de sourdre du réseau et retransmet un appel qui fait le tour des milieux militants : il risque d’y avoir trop de monde le lendemain pour pouvoir expulser, alors ils doivent le faire tout de suite !

On dit aux flics qu’ils sont quand même un peu lourds, que c’est assez rigolo qu’ils nous reprochent d’avoir induit une mobilisation spontanée. On rétorque, on marchande… si bien qu’ils appellent la cavalerie (ils sont maintenant 8) tout en autorisant les quelques personnes présentes à évacuer quelque matériel avant qu’ils bouclent la maison. Un transport de matos s’organise, on ne laisse que quelques meubles, le bar, le fourneau. Après une petite heure, ils ordonnent aux deux initiants de les suivre. Illes finissent par obtempérer non sans argumenter longuement sur le fait qu’il s’agit d’un mouvement et non deux individus… Ils sont envoyés faire leur déposition au poste à Yverdon.

En leur absence, l’entité protéiforme prend pieds dans le réel, se reconnaît et passe à l’action : elle retourne prendre garde à la BaZ. À l’heure où l’on vous écrit, un nombre indéterminé de militants réoccupent et les petits hommes bleus leurs tournent autours, bien empruntés. On les avait pourtant prévenus que leur stratégie était mauvaise.

On compte sur vous pour venir, y rajouter votre contribution, en présence, en proposition d’événements, en savoir-faire, en matières premières…

La ZAB vivra, la BAZ est ouverte...
...Pour y bâtir un nôtre monde, tous les jours à toute heure décente. Le principe reste le même, les dates impaires dès 18h00 bouffes pop et événements… .

SOUTENONS LA ZAB, OCCUPONS-NOUS DE LA BAZ Nous avons besoin de :
*votre présence
*vos savoir-faire pour que vive le lieu
>créateurices (scène libre pour musique acoustique – pas d’élec -, conférences, débats, lectures, théâtre, perfos etc… etc… au chapeau)
>constructeureuses
>penseureuses
*bienveillance

Après moult rebondissements, nous sommes raviEs de vous annoncer que le commun dont on prend soin collectivement est bien vivant et s’est vite adapté à la répression dont il fait les frais, tout en pérennisant sa convivialité et son accessibilité. Ceci pour que les sympathisant.es, les curieux.ses et même les contrarié.es puissent s’y rencontrer. On ne peut que s’enrichir d’une multiplicité de points de vue.

En connivence avec une lutte pour sauvegarder le vivant, les pirates solidaires de la ZAB – de tous âges, strates sociales et issus de multiples collectifs – préservent une culture désincarcérée d’un empire capitaliste avec une détermination proportionnelle à la fourberie de ce dernier. Une respiration dans un système oppressif au bénéfice des gens de la région et au delà.

La seule justification solide à l’expulsion “extrêmement urgente” obtenue par le très astucieux avocat de la partie adverse (la dangereuse installation d’un poêle à bois) s’effrite, contrairement au nouveau crépis extérieur de la cheminée – que l’on aurait terminé depuis longtemps si M. le procureur et ses sbires nous foutaient la paix. Le canal intérieur étant parfaitement propre, le ramoneur n’a pas constaté d’autre entorse aux normes.

On sécurise une épave ouverte, stérile et dangereuse, on y fait naître un projet et un fonctionnement qui plaît à beaucoup et qui fait sens pour l’avenir proche.

A défaut de soutenir, laissez exister.

C’est la moindre des choses.

P.S.

Pour suivre ce qu’il s’y passe c’est ici

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