Féminismes - Genre - Sexualités Prisonniers politiques

[Zurich] Pour le 8 mars, un discours de Nekane, prisonnière politique en Suisse

En ces temps où toujours plus d’hommes misogynes, racistes, conservateurs, fascistes, homophobes et transphobes arrivent au pouvoir, il est important que nous, les femmes, construisions un sujet politique féministe afin de renverser de bas en haut leur système hégémonique.

Zürich |

Alors que beaucoup de gens placent le féminisme dans la case des « femmes blanches pontifiantes », nous, les femmes, démontrons depuis des années que la lutte des femmes et le féminisme ont des perspectives révolutionnaires.

Le féminisme remet en question tous les modèles de relations et révèle toutes les structures du pouvoir, et ce pour apporter non seulement l’égalité de traitement, mais aussi la liberté de toutes les personnes et de toutes les identités.

Les femmes, qui donnèrent leur nom à cette journée, ont montré que la lutte des femmes est aussi une lutte des classes ouvrières. Plus récemment, les manifestations de femmes à travers le monde entier ont montré que la lutte des femmes est également antiraciste. Et maintenant, ici, nous montrons que lutte des femmes signifie aussi solidarité internationale.

Face à l’hétéro-patriarcat que nous impose le capitalisme, nous devons, nous les femmes, avec d’autres, nous battre, et, dans une même articulation, résister et avancer.

Le féminisme utile/radical est celui qui se bat à la fois contre l’homophobie, contre la transphobie, contre l’oppression et l’exploitation de classe, de race et de genre. C’est le combat contre le capitalisme et l’impérialisme. À l’ère du néolibéralisme et du capitalisme global, l’individualisme est un fait. C’est pourquoi il est prioritaire de penser collectivement et de nous battre ensemble.

Le féminisme nous donne les instruments pour combattre cette dissection que le libéralisme impose entre les gens. Les paramètres féministes tels que l’intersectionnalité nous donnent la possibilité de nous mettre en lien, de tisser un réseau solide pour construire un changement radical ; un mouvement féministe, international, de libération de la race, de la classe et du genre, qui nous dépatriarcalise et nous mène à une société libérée de ses systèmes de domination.

Dans ce sens, nous devons toutes nous mettre d’accord sur nos stratégies et nos perspectives féministes. Toutes celles discriminées et opprimées par le patriarcat, adolescentes, travailleuses, personnes âgées, handicapées, trans, homo, réfugiées, prisonnières… toutes ensemble, pour agir partout. Ainsi, la lutte des femmes doit aussi être abolitionniste. En effet, c’est une lutte contre toutes les prisons et les centres d’asile qui sont faits pour nous briser/nous annuler, contre toutes les formes d’oppression qui exercent contre nous leur brutalité. Tout ça doit disparaître !

On ne discute pas avec le capitalisme et le patriarcat, on les combat ! On ne les laissera pas écrire nos mots, notre futur. Parce que nous sommes les filles des femmes que l’on n’a pas pu brûler, nous deviendrons les mères des filles que l’on ne pourra pas dominer, ni retenir, ni freiner.

La lutte collective nous libérera ! Ensemble, nous sommes fortes, ensemble, rien ne pourra nous arrêter !

JO TA KE !

P.S.

Traduit de l’allemand

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