Migrations - Frontières Centres fédéraux pour migrant-e-s Manifestation

Appel à la CommémorAction le 6 février 2022

Le 6 février 2014, sur les plages de l’enclave espagnole de Ceuta, 200 personnes tentent de traverser à la nage depuis le Maroc. Sur la plage ne les attend que la Guardia civil, équipée de matériel antiémeute qu’elle n’hésitera pas à utiliser sur des personnes ayant déjà accompli une nage longue et fatigante et se trouvant à plusieurs dizaines de mètre des côtes. Les balles en caoutchouc et les fumigènes fusent, 15 corps sans vie côté espagnol, d’autres côté marocain, des dizaines de disparu.e.xs, les autres refoulé.e.xs. Mais au moins la Forteresse Europe est saine et sauve...

Genève |

Les vidéos et témoignages de survivant.e.xs reccueillis par des journalistes n’ont visiblement pas suffit à convaincre les juges qui classeront l’affaire deux fois de suite, acquittant les gardes civils mis en examen, validant le refoulement vers le Maroc des 23 personnes qui avaient réussi à fouler le sol Espagnol. La juge de première instance déclarera même : « Les migrants ont assumé le risque d’entrer illégalement sur le territoire espagnol par la mer, à la nage, faisant de plus abstraction des agissements dissuasifs tant des forces marocaines que de la Guardia civil ». [1]

Depuis, de nombreux collectifs tentent de faire de cette date un jour de commémoration et d’action pour les personnes mortes ou victimes de disparition forcée en migration, ainsi qu’en soutien à leurs familles.

Entre janvier 2014 et septembre 2018, 28 555 migrants sont morts ou disparus en Méditerranée alors qu’ils tentaient d’atteindre les côtes de l’Europe. Parmi eux, au moins 1300 enfants. [2]
De nombreuses personnes sont mortes ou disparues ces dernières semaines alors qu’elles tentaient de traverser la Manche, chaque année des personnes meurent ou subissent des amputations à la frontière franco-italienne où la pression policière les pousse à traverser toujours plus haut, de manière toujours plus dangereuse.
Si on étend ces chiffres à toutes les migrations vers et à travers l’europe, se sont plus de 34 361 migranxt.es dont la mort a été répertoriée entre 1993 et 2018 d’après Le réseau United for Intercultural Action. [3]

Les pays riches d’Europe mettent de plus en plus d’énergie et de financements pour mettre en place des moyens de plus en plus efficaces d’imperméabiliser les frontières, de refouler, laisser mourir ou tuer les personnes qui tentent de rejoindre ces territoires. À Genève, les travaux du centre de renvoi au Grand-Saconnex avancent toujours plus, tandis que l’opposition faibli de jour en jour.
Ne laissons pas les dynamiques fascistes, protectionnistes, nationalistes et racistes devenir habituelles, normales et faisant partie de notre quotidien. Ne laissons pas le bruit des pelles mécaniques et des balles en caoutchouc couvrir nos cris de rage et de protestation. Chaque mètre cube de béton que nous laissons être coulé sur le chantier du Grand-Saconnex est une place infiniment trop grande que nous laissons prendre au système d’oppression raciste et fasciste.

Nous lançons un appel à toutes les organisations sociales et politiques, laïques et religieuses, aux citoyens individuels à se joindre à cette journée de commemorAction du 6 février 2022 en organisant différentes initiatives (du rassemblement symbolique aux actions plus radicales) pour ne pas oublier les victimes de ce massacre et de tous les massacres qui ont lieu chaque jour tout au long des frontières dans le monde.

Plus généralement nous appelons les personnes à s’organiser et raviver la lutte contre le centre de renvoi. Tous les moyens sont bons, justes et mesurés pour arrêter ce chantier qui à terme entraînera le renvoi et la mort de centaines de personnes chaque année.

Agenda

Appel à la CommémorAction le 6 février 2022

 dimanche 6 février 2022  Toute la journée
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