Féminismes - Genre - Sexualités

Féminicide à Giubiasco : appel à la solidarité féministe

Le dimanche 17 mai 2020, une femme a été tuée à Giubiasco (Tessin) par son ex-mari avec une arme à feu.

En réponse, nous voulons que les habitant.es du Tessin et de toute la Suisse découvrent au réveil leurs villes couvertes de collages dénonçant le système patriarcal qui tue et opprime les femmes.

Brisons le silence !

Tessin/Sud des Alpes |

En Suisse, toutes les deux semaines, une femme est tuée par un homme ; on parle alors de féminicides. La fréquence de ces violences est inquiétante ; il ne s’agit pas de cas isolés ou d’affaires privées. Nous ne pouvons pas rester silencieux.ses : nous devons lutter contre toutes les violences sexistes.

Quand nous utilisons le mot féminicide nous voulons non seulement dire qu’une femme est morte mais nous voulons parler aussi de pourquoi elle est morte, ou plutôt de pourquoi elle a été tuée. C’est-à-dire à cause du système patriarcal, qui vise à perpétuer la subordination et l’anéantissement des femmes par l’assujettissement physique et psychologique, parfois au point de les tuer.

L’utilisation du mot féminicide nous permet d’abandonner des récits erronés et dangereux. Il n’est pas question ici de "crimes passionnels". Plus de "Je l’ai tuée par amour" ou "j’ai été aveuglé par la jalousie". Ce n’est qu’en abandonnant ce narratif que l’on pourra trouver des outils adéquats pour endiguer ce mal social. En utilisant un langage approprié on peut démontrer que derrière un féminicide il n’y a jamais d’amour, mais toujours et uniquement un système de subordination patriarcale qui limite la liberté des femmes.

Reconnaître l’existence et la fréquence des féminicides implique de reconnaître aussi la nécessité de transformer un système purement oppressif qui aujourd’hui encore ne reconnaît pas la victime en tant que telle ; en banalisant systématiquement ce qui lui est arrivé. Ainsi, la victime se retrouve seule et sans défense avant et après sa mort.

Nous appelons à une utilisation du langage approprié dans les cas de féminicides.

Nous demandons la fin des violences sexuelles et sexistes pour une société plus libre.

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Pour notre action, nous nous inspirons des collages qui ont eu lieu en France et en Suisse contre les féminicides, comme la nuit du 24-25 novembre 2019 (Journée internationale pour la fin des violences faites aux femmes).

Nous fonctionnons de manière décentralisée et indépendante et appelons toustes les féministes à se joindre à notre action. Notre but est de "décorer" toutes les villes de Suisse. Il n’y a qu’une seule ligne directrice : réaliser des collages dénonçant la violence à l’égard des femmes, de manière inclusive. Les femmes cis ne sont pas les seules à subir les violences patriarcales.

Vous aussi, vous pouvez former un petit groupe d’action avec vos proches et descendre dans la rue !

Nous ne vous encourageons pas à commettre des crimes, mais simplement à décorer les rues ; comment ?

Vous aurez besoin de colle, d’un grand pinceau, d’une éponge et de gants, de feuilles A4 et de peinture acrylique ou d’une imprimante.

1) Préparez les affiches : 1 lettre par feuille A4, peinte à l’acrylique ou imprimée (pour que l’écriture ne soit pas effacée par la colle), voici quelques idées de slogans :

  • PAS UNE DE MOINS
  • vous n’êtes pas seules mes soeurs
  • LE 8 mars toute l’année/L’8 tutto l’anno”
  • L’amour ne tue pas
  • Solidarité féministe

2) Préparez la colle écologique, avec de l’eau (3 litres), de la farine (1 tasse) et du sucre (1/2 tasse).

3) Collez des affiches dans vos villes, par petits groupes (5 à cause de la Covid19).

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