Culture - Contre-culture Palestine

Jocelyne Saab et la cause palestinienne

La cinéaste franco-libanaise suit au plus près la résistance palestinienne qui s’est repliée au Liban. En 4 films, des courts-métrages et un moyen-métrage, des femmes palestiniennes témoignent de leur quotidien entre études et résistance, des commandos-suicide s’entrainent pour la résistance ultime, et nous quittons le Liban au côté de Yasser Arafat et de ses proches en exil sur un bateau en dérive sur la Méditerranée. Et entre ces films, Beyrouth, ma ville, peut-être le film le plus déchirant que Jocelyne Saab est amené à réaliser sur cette guerre qui a meurtri à jamais son pays.

Les femmes palestiniennes
France – 1974 – 16’ – VOstFR

Jocelyne Saab donne la parole aux femmes palestiniennes, victimes souvent oubliées du conflit israélo-palestinien.

« En 1973, je réalise Les Femmes palestiniennes pour Antenne 2. Je voulais proposer des images de ces femmes, les combattantes palestiniennes en Syrie, qui en avaient si peu alors. Nous sommes alors juste avant la visite de Sadate en Israël, la situation est très tendue. Tandis que je monte le film dans les locaux d’Antenne 2, Paul Nahon, alors chef du service étranger de la rédaction, m’attrape par le col et me sort de la salle de montage. Les Femmes palestiniennes reste au marbre et n’est jamais passé à la télévision. » Jocelyne Saab

Le front refus
France- 1975 – 10’ – VOstFR

Quand la paix s’avère impossible, tous les moyens sont bons pour défendre une cause politique. De là naît, à la frontière qui sépare les territoires palestiniens et ce qu’ils refusent de reconnaître comme Israël, l’idée des commandos-suicides. Jocelyne Saab filme des adolescentxes, de seize à vingt-deux ans, qui s’entraînent sans relâche, dans une base secrète souterraine, à devenir des commandos-suicides.

« Les Commandos-suicide a été, à l’époque, qualifié de « scoop journalistique ». C’est le premier documentaire qui m’a fait prendre conscience de la force de l’image et du sens de son contenu, des diverses lectures qu’on pouvait en faire, du rapport au cadrage, etc. Il ne s’agissait pas de militantisme. J’avais montré la violence et cette guerre n’est que de la violence mais je refuse de la montrer au premier niveau, tu la vois par une image détruite. J’ai refusé des images à sensation. J’ai pris le parti contraire. On pouvait défendre une cause, mais il fallait connaître foncièrement le langage image et ce qu’il pouvait entraîner… et savoir comment on pouvait retourner une image contre vous. » Jocelyne Saab

Beyrouth, ma ville
Liban – 1982 – 37’ – VOstFR

En juillet 1982, l’armée israélienne assiège Beyrouth. Quatre jours plus tôt, Jocelyne Saab voit sa maison brûler et 150 ans partir en fumée. Elle se pose alors la question : quand tout cela a-t-il commencé ? Chaque lieu deviendra une histoire et chaque nom une mémoire.

« Les films d’information que j’ai faits pour la télé, donc pour qu’ils soient vus par le plus grand nombre possible, m’ont conduite, petit à petit, à préférer la sensibilité des gens plutôt que leur parole : les regarder vivre, les regarder faire. Je pensais comme cela, le film serait plus fort ; et j’avais raison : le dernier film que j’ai fait seule, sans opérateur, pendant le siège de Beyrouth, sous les bombes, était comme une expérience personnelle.
Je ne savais pas ce que j’allais faire de ce film, j’ai pris la caméra comme un appareil photo pendant deux mois. J’ai voulu montrer ce défi des habitants vis-à-vis du siège, de cet encerclement : je n’ai montré que la solidarité, cette euphorie de l’utopie où tout le monde s’occupe des choses essentielles, l’eau, le pain, l’électricité, et où les gens se regardent vraiment dans les yeux.
Dans ce film, il y a des situations, des regards, des gestes et très peu de paroles : une minute où un homme parle, mais aucune interview. La volonté de survie, ce défi vis-à-vis d’une violence qu’on nous impose, le refus de partir, créent certainement quelque chose de très fort, que j’ai voulu montrer. » Jocelyne Saab

Le bateau de l’exil
Liban – 1982 – 12’ – VOstFR

Après la clandestinité à Beyrouth pour fuir les Israéliens, Yasser Arafat part en exil en Grèce puis en Tunisie à bord du paquebot « Atlantis ». Il évoque son destin et l’avenir de l’OLP dans un cadre idyllique et avec une décomplexion qui contraste avec la réalité qu’il évoque, qui rappellerait presque “La Croisière s’amuse”.

Agenda

Jocelyne Saab et la cause palestinienne

 vendredi 7 juin 2024  18h30 - 20h00
 vendredi 7 juin 2024
18h30 - 20h00
 Cinema Spoutnik,

 

Rue de la Coulouvrenière, 1 er étage. Genève

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