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Invitation au Foyer Frank-Thomas, un an plus tard

Nous vous invitons à un pique-nique, le jeudi 22 juin 2017 à 18h, pour nous réunir autour de la lutte des habitant.e.s du foyer Frank-Thomas soutenu.e.s par le collectif Perce-Frontières, il y a exactement un an. Cette lutte avait permis de sauver ce foyer voué à la destruction et aujourd’hui rénové.
Nous aurons l’occasion de revenir sur cet été riche de rencontres et de tensions, et sur les divers événements qui ont suivi durant l’année écoulée.
Rendez-vous devant le foyer Frank-Thomas à 18h, avant de partager un repas, des souvenirs et des perspectives, suivies d’un concert.

Le 23 mai 2016, les habitant.e.s de Frank-Thomas, à la rue du même nom, s’opposaient au déménagement forcé et à la destruction de leur foyer, la parcelle faisant partie du plan d’aménagement lié au CEVA. Durant la lutte, l’État prétextera tour à tour devoir y construire le nouveau théâtre de la Comédie, puis un parking pour machines de chantier et finalement une simple route soit-disant impossible à déplacer 10 mètres plus loin.
L’Hospice général, en charge du foyer, donnait un mois aux habitant.e.s pour vider les lieux. Certain.e.s se voyaient proposer une place au foyer d’Appia quand d’autres étaient simplement encouragé.e.s à se débrouiller et trouver une solution tout.e.s seul.e.s.
Les habitant.e.s et le collectif Perce-frontières ont soutenu que, d’une part, il était aberrant de fermer un foyer de 135 places alors que des centaines de personnes étaient encore logées sous terre. De l’autre, était exprimée l’indignation face à la détérioration des conditions d’hébergement (passage de chambres individuelles à des dortoirs de 4 personnes, abandon des affaires personnelles, restriction des visites...), déjà si peu décente. De plus, il était d’une mauvaise fois indiscutable de signifier la possibilité à des personnes qu’elles puissent trouver un logement en un mois dans le contexte genevois.

Après le refus, l’occupation

Le déménagement est suspendu suite à la mobilisation, puis repris deux semaines plus tard, accompagnée d’un chantage au bunker. Les agents de sécurité quittent les lieux le 4 juillet, en emportant cyniquement les extincteurs. Les habitant.e.s restent, sans céder au chantage et occupent le bâtiment.
Après deux mois de lutte, le 15 juillet, les habitant.e.s apprennent le maintien et de la rénovation du foyer Frank-Thomas dans la presse. Il est sauvé, mais il est encore difficile pour les occupant.e.s de croire à une victoire. En effet, pour l’État et l’hospice, le bâtiment doit être rénové pour que des personnes puissent continuer à y vivre.

Et les trahisons commencent

Les résident.e.s ont déménagé en acceptant provisoirement la dégradation de leurs conditions de logement pour la période de rénovation, avec la promesse de pouvoir réintégrer les lieux par la suite. Mais les espoirs sont vites entammés. Pour commencer, les affaires personnelles qui n’ont pas pu être emportées ont été jetées, malgré la promesse d’un garde meuble. Début novembre, l’Hospice signifiait que les permis B, C et F réfugié ne pourraient retourner à Frank-Thomas, prétextant une absence d’obligation de loger les personnes détentrices de ces permis. Cette situation concernait 90 % des occupant.e.s en lutte... 

Aujourd’hui, 135 personnes ont pu réinvestir Frank-thomas. Néanmoins, sans surprise, cette réouverture laisse un goût amer lorsqu’on apprend que des permis B sont effectivement logés dans ce foyer, mais qu’en aucun cas un.e ancien.ne habitant.e s’étant mobilisé.e et ayant lutté n’a pu le réinvestir. Une fois de plus, l’Hospice et l’État punissent les personnes en exil qui luttent et se soulèvent contre les conditions d’accueil et les violences qui leur sont faites.

Punir, faire fuire : la politique du dégoût

L’hébergement indécent réservé aux personnes en exil à Genève est dénoncé maintenant depuis plusieurs années. Derrière le manque de volonté de l’améliorer se cache difficilement l’intention de démotiver les personnes en exil à rester à Genève. En effet, les agents de sécurité des foyers, issus de boites privées, se permettent d’user de leur position pour tourmenter les résident.e.s (raquettes, insultes, violences, intrusion dans l’espace privé etc.). Des restrictions abusives sont imposées au habitant.e.s, comme l’instauration d’horaires de visite entravant leur vie intime. L’éloignement des foyers du centre ville n’a pas comme but de faciliter l’intégration. La plupart des bâtiments sont décrits par leurs occupant.e.s comme étant en mauvais état. Les chambres sont petites et souvent partagées entre plusieurs personnes. Cela sans compter toutes les autres embuches permanentes, notamment administratives, auxquelles les individus font face, ainsi qu’une pression policière constante dans les alentours des lieux d’hébergement.

Les foyers ressemblent aujourd’hui plus à des prisons qu’à des lieux d’habitation. Genève va bientôt construire un magnifique centre fédéral au Grand-Saconnex, un foyer entouré de grilles pour les personnes en attente d’une réponse à leur demande d’asile.

Le Collectif Perce-Frontières
perce-frontieres@noborders.ch

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