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Pantographe cherche perspective – où, qui, quand ?

Dix mois se sont écoulés depuis le jour où nous, les permanentEs, appuyéEs par les sympathisantEs, avons décidé d’abandonner l’usine Junker aux sinistres projets de ses propriétaires légaux. Dix mois d’attente et de remises en questions : où, qui, quand ? Une seule certitude : le Pantographe est un lieu qui touche et anime et qu’il plaise ou agace, il offre ces possibles culturels et sociétaux qui donnent du relief à un paysage miné par le renoncement.

Concrètement, nous proposons une offre socio-culturelle profitable aux artistes et aux collectivités publiques en échange de la mise à disposition gracieuse ou bon marché de lieux désaffectés, au lieu de louer des espaces finis à l’aide de subventions.

Depuis le jour de sa brusque dématérialisation (voir cet article), les personnes pour qui cette affirmation a un sens ouvrent toutes les voies, pour redonner à leurs envies dispersées un point de rencontre à l’échelle de leurs espoirs.

La voie administrative est probablement la plus longue et la moins instinctive, loin de la fougue de l’utopie, mais c’est pourtant celle qui fut choisie dans un premier temps, histoire de ne pas subir à nouveau le poids des préjugés d’une majorité de décideurs à l’imaginaire formaté : caresser le système dans le sens du poil, tant qu’il lui en reste, dans un but de conciliation, car en son sein les conflits sont gagnés par celui qui produit le plus. Pour nous qui possédons et produisons surtout du gratuit, le combat est perdu d’avance.

Les lettres aux communes du Jura-sud restent aux deux tiers sans réponse et du tiers restant seuls trois génèrent une rencontre : votre projet est intéressant, il serait accueilli avec plaisir, mais niveau bâtiment, c’est maigre, à moins d’y mettre les moyens, ce que ces communes évidemment, ne peuvent.

Un espoir pourtant émerge, du côté de St-Imier, les anciens abattoirs depuis de longues années, ne trouvent pas d’acquéreurs prêts à investir les deux millions que nécessiterait une rénovation standard. Et si nous y allons à notre manière, avec des bras et des idées ? C’est possible, nous dit l’autorité. On y croit et on démarche à tout-va, pour rassurer l’institutionnel : trop de culture peut-il être un problème ? Nous répondons complémentarité aux angoisses de concurrence, nous dessinons un projet original, mais néanmoins réaliste.

Après plusieurs semaines de procédure, la minorité du conseil municipal qui voyait d’un bon œil notre accueil en leur terre d’énergie, grimace : un cancrelat nous fait obstacle, un promoteur immobilier de l’arc lémanique, putréfaction ! Hasard ou manigance ? Peu importe, notre projet est aisément balayé par les millions brandis sous les yeux baveux de cette majorité qui nous énerve. Elle fait le choix habituel, celui de la continuité, la croissance, l’emploi, le pognon et le murs du fond qui se rapproche.

Bref, que pouic non plus du côté des offices des cultures et autres urbanismes des juras desquels nous avons peut-être trop attendu, la manière de soutenir la culture étant définie clairement à coup d’enveloppes et contrats de prestations, répartitions compliquées et inintelligibles pour nos hypothalamus sensibles à l’air libre et notre temporalité non linéaire.

On veut faire sans fric, ou très peu. C’est un choix que d’expérience, on sait nécessaire à la pérennité de notre fonctionnement. On a tout essayé (ou presque), mais un projet comme le nôtre, avec trop de charges, avec des comptes à rendre, avec le fric bouffeur d’espace de cerveau disponible, c’est foireux. Ça ne laisse pas de place pour tout ce qui ne sert à rien, alors que c’est de ça qu’on est fait.

Nous avons élargit dernièrement le cercle de nos recherches, condamnant au passage l’idée d’une réciproquement profitable cohabitation avec le fOrum culture qui pour des stupides histoires de frontières, ne peut pas nous suivre de l’autre côté d’une montagne.

On reçoit des courriers au compte-gouttes, oui, non, peut-être, disent les collectivités du nord. On bat la campagne, des fermes, des friches nous font rêver. A la Cantine – qui évolue, la petite cousine delémontaine – Des réseaux se cogitent, notre ambassade si dissout, on ne veut plus de ces frontières. T’es quoi toi ? Panto ou Cantine ? Panpan ou Cancan ? qu’importe ! on mélange tout. Et on a beau secouer, point d’entropie, nos couleurs personnelles se lient quand on le veut bien.
On y ré-invente 1000 fois ce Pantographe, pour finalement décider qu’on ne peut pas le décider d’avance, ni où, ni qui, ni quand.

+ d’infos et contact ]

P.-S.

Mais peut-être toi, t’as une idée ?

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