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Punies pour un clito à la craie - la suite

Cette amende n’est qu’une manifestation supplémentaire de la répression en vigueur à Genève. Elle montre également le tabou social autour de la sexualité féminine.

Le 19 avril dernier, deux étudiantes ont effectué le dessin d’un clitoris à la craie au jardin anglais à Genève. Acte pour lequel elles ont été punies d’une amende de 100 CHF chacune pour occupation non autorisée du domaine public. Cette condamnation pose, d’une part, de sérieuses questions quant au droit à la liberté d’expression, et d’autre part, elle illustre le tabou social autour de la sexualité féminine.

Il semble qu’en Suisse, il n’est possible de s’exprimer dans la rue qu’en faisant partie des plus puissants. La ville est saturée de publicités sexistes, mettant en scène des femmes ultra sexualisées, pour vendre soirées, objets, ou autres. Cela ne semble pas poser problème : en effet, ces acteurs paient (cher) pour pouvoir habiller l’espace public, et c’est donc de l’argent qu’ils semblent tirer leur légitimité. En revanche, lorsque les citoyen.nes eux.elles-mêmes tentent de faire passer un message pédagogique, hors du système marchand capitaliste, en utilisant un moyen non dégradant, c’est problématique. On se retrouve condamné.es pour ne pas avoir demandé et payé une autorisation.

Rappelons que les étudiantes se sont inspirées d’un mouvement international nommé “Clitorosity”, originaire de New-York, qui a déjà fait plus de 100 magnifiques dessins à la craie de clitoris (@clitorosity / https://www.clitorosity.com/) dans 18 états des Etats-Unis et dans 4 autres pays (Portugal, Angleterre,….)[1] pour pallier à la méconnaissance de cet organe.
L’amende stipule une “occupation excédant l’usage commun de l’espace public”, or, la craie est un usage commun de l’espace public. Si ce n’était pas le cas, chaque dessin à la craie réalisé par les enfants ferait l’objet d’une autorisation ou d’une amende.

Partant de ce constat, l’avocat Me Pierre Bayenet prendra leur défense pour demander, dans un premier temps, un réexamen auprès du Service Public. Si celui-ci n’aboutit pas, les étudiantes sont prêtes à déposer un recours au tribunal administratif de première instance.
Bien évidemment, cette procédure n’est pas sans coûts et demande beaucoup de ressources. Ces deux étudiantes ont eu énormément de chance d’avoir reçu du soutien d’associations genevoises gratuitement. De plus, l’avocat a accepté de les défendre pro bono (rappelons que les frais d’avocats s’élèvent à environ 400.- l’heure). Cependant, les frais de tribunaux seront à leur charge et coûtent environ 1000 CHF.

C’est donc non seulement pour défendre la liberté d’expression dans un contexte de répression, mais également pour revendiquer le droit à une meilleure connaissance de la sexualité féminine pour toutes et tous que les étudiantes ont décidé de se battre. Vous pouvez les aider financièrement en les contactant sur cette adresse mail : lescouade.geneve@gmail.com, ou sur facebook : https://www.facebook.com/lescouadegenevoise/.

Si la récolte de fond ne s’avère pas suffisante pour mener le combat jusqu’au Tribunal, l’argent récolté servira à payer les deux amendes de 100 frs. L’argent restant ira à la caisse juridique de soutien (CJS).

Merci pour votre soutien.

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