Chèr·e·s camarades, chèr·e·s paysannes, cher·e·s sans terre, amoureu·x·ses de la terre et de la vie,

Cette année pour le 1er mai, la fête de la lutte des travailleur·se·s, faisons un cortège paysan !

Alors que les inégalités augmentent, que nos vies perdent leur sens et que l’environnement ne cesse de se faire détruire par le rouleau compresseur capitaliste ; allons porter dans la rue les voix des paysan·ne·s et montrons ensemble les différentes solutions apportées par ces dernier·e·s ! Rendons également visible notre positionnement contre l’industrie agro-alimentaire, le libre-échange et les politiques gouvernementales de plus en plus irrespectueuses de ces activités et savoirs-faire. L’initiative pour la souveraineté alimentaire lancée par le syndicat paysan Uniterre a été largement acceptée à Genève le 24 septembre dernier mais a été refusée au niveau national. Cette situation doit nous pousser à concrétiser, avec ou sans les autres cantons, les différents principes qu’elle portait. Défendons l’autonomie que nous voulons construire !

Manger des aliments sains et de proximité ne devrait pas être un luxe !
Depuis 2000, les prix des produits agricoles ont diminué de 12% pour les paysan·ne·s alors qu’ils ont augmenté de 5% pour les consommateurs·trices. Les grands distributeurs s’octroient une marge sur le prix des produits vendu et financent leurs campagnes de publicités mensongères, placardées par centaine dans nos rues. Plutôt qu’une gestion capitaliste, défendons une gestion directe et collective des quantités et de la distribution ! Cela permettrait d’obtenir des denrées accessibles à la consommation, des prix rémunérateurs et des conditions de travail égalitaires et harmonieuses pour les paysan·ne·s.

Pour préserver les terres de l’incessante expansion territoriale !
Comme le mentionnait l’initiative, il est d’une importance primordiale de préserver les surfaces cultivables. C’est en ce sens que nous appuyons la nécessité de repenser notre expansion territoriale, le bétonnage continu des terres agricoles et plus généralement la croissance économique qui soutient cette dynamique. Les différentes manifestations pour le climat nous appellent à une prise de conscience grandissante sur ces enjeux environnementaux et sociétaux ! La transition vers un système alimentaire respectueux du sol et du vivant, sain, diversifié et sans intrants chimiques et énergies fossiles est plus que jamais nécessaire si nous voulons limiter nos impacts sur l’environnement. A l’échelle mondiale, c’est à priori plus de 20 % des gaz à effet de serre qui sont issus directement de l’agriculture industrielle.

Main dans la main pour un espace urbain et rural dynamique et nourricier !
Mais le monde paysan est aussi là pour proposer des solutions ! Des structures de production, de transformation et de distribution de proximité et à taille humaine perdurent et se mettent en place, que ce soit en ville ou à la campagne. Il est primordial de favoriser les échanges directs entre paysan·ne·s et mangeur·se·s ainsi que les structures de transformation, de stockage et de distribution régionales. C’est en ce sens que nous voulons un espace urbain et rural dynamique ou nous pouvons développer des activités de production et de transformation, comme les moulins, huileries, brasseries, fermes urbaines, distilleries, conserveries, caves, boulangeries, laiteries, fromageries, qui puissent subvenir aux besoins de la population locale. La diversité des nouvelles formes de collaborations entre paysan·ne·s et habitant.e.s, telles que structures participatives ou coopératives, doivent êtres encouragées plutôt que freinées. Favoriser de telles entités nous permettra de retrouver un semblant d’autonomie. Seule une gestion directe et collective de notre système alimentaire nous permettra de nous extirper des intérêts et normes économiques dictées par le Marché. Allons au-delà et osons l’exprimer : à terme, une agriculture saine doit aussi se passer de subventions étatiques !

Il est évident que nous allons devoir être plus nombreu·se·x dans la production de nos besoins de subsistances pour répondre aux aspirations d’une société future écologique et égalitaire. En effet, depuis 1990, 40% des fermes ont disparu et près de 100’000 emplois ont été perdus. Or rien n’est entrepris pour inverser cette tendance ! Les exploitations ne cessent de grandir et l’accès à la terre ne répond qu’aux logiques de propriétés : héritage et fortune financière. Il est dorénavant primordial de contrer ces dynamiques et de donner les moyens aux sans terre d’avoir accès aux outils de production. Pourtant, des accords de libre-échange continuent de se négocier dans les couloirs du Palais fédéral et la politique agricole 2022 perpétue la dynamique de substitution de l’agriculture paysanne par une agriculture à grande échelle, uniforme, mécanisée, numérisée, privatisée, contrôlée et répondant uniquement aux logiques de profit. Il est temps d’admettre que nous avons un gouvernement qui privilégie uniquement la concurrence et les intérêts de l’industrie agro-alimentaire et des multinationales.

Face au manque de volonté politique, nous appelons à nous organiser collectivement pour amener un changement radical de société, pour reprendre en main la gestion de la production, de nos quotidiens et de nos vies, pour enfin vivre la souveraineté alimentaire.

Allons ensemble vers l’autonomie !

Longue vie au monde paysan, à la terre et au vivant !

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P.-S.

Aide plus que bienvenue pour la diffusion de cet appel ! On met donc en pièce jointe les PDF de la brochure et de l’affiche pour qu’ils soient diffusés dans les lieux militants, dans les fermes et sur les murs de la ville !

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