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Solidarité avec notre camarade antispéciste détenu à Champ-Dollon

Depuis décembre dernier, plusieurs personnes subissent la répression au travers d’une enquête sur des actions directes antispécistes survenues en Suisse en 2018 (des arrachages d’affiche, le sabotage d’un abattoir à Perly, le caillassage de commerces spécistes, de boucheries genevoises et d’institutions fribourgeoises liées à la vivisection). Parmi elles, Mirabelle qui a passé 33 jours en détention provisoire entre le 12 décembre et 7 janvier, et Matthias qui est toujours enfermé depuis le 1er décembre à la prison de Champ-Dollon.


Alors que nous apprenions le 29 novembre dernier que notre ami, compagnon, camarade, fils et frère Matthias* (nom d’emprunt) était soumis à une garde à vue dans les locaux de la police genevoise, nous apprenions 48 heures plus tard qu’il avait été transféré à la prison de Champ-Dollon. Sans que l’on puisse être informé-e-s des motifs de son incarcération, nous avions obtenu de la part du greffe du Procureur, l’information selon laquelle aucune visite ni précisions ne seraient admises tant que l’enquête, qui inclut plusieurs personnes, serait en cours. Ce n’est seulement qu’à partir du milieu de janvier que nous avons pu le visiter et lui téléphoner.

Voilà bientôt 8 mois qu’il est retenu entre 4 murs 23 heures sur 24, qu’il subit des discriminations quant à son choix éthique de ne pas consommer de produits animaux (rien d’équilibré n’est prévu pour lui et il subit des moqueries du personnel et de la direction par rapport à cela), qu’il doit faire face aux abus de pouvoir des gardiens ( mise en isolation 2 jours pour une blague, déchirement de ses photos accrochées au mur etc) et surtout, qu’aucune preuve n’a encore été établie sur sa participation soupçonnée à des actions directes de sabotage envers des institutions spécistes (commerces genevois de boucherie et Mcdonalds, abattoir de Perly, services de vivisection). Quoiqu’il en soit, quand bien même il y aurait eu des preuves, il s’agit d’une incarcération très longue par rapport à la nature des infractions, qui se rapportent uniquement à des dommages à la propriété.

Au jour d’aujourd’hui, il n’y a pas de preuves, pas de risques de fuite, pas de risques de collusion, simplement un prétendu "risque de récidive" retenu par le procureur en charge de l’affaire. Il est nécessaire de rappeler qu’en droit, un tel risque doit se rapporter à des infractions IDENTIQUES auparavant commises par la personne, et non pas simplement similaires (ce qui laisserait place à une large interprétation arbitraire). Or c’est exactement ce qui est en train de se tramer puisque Matthias n’a JAMAIS été condamné pour des actes identiques à ceux dont on le soupçonne aujourd’hui ! Nous dénonçons son emprisonnement politique et demandons à ce qu’il soit libéré immédiatement !


Avant que Matthias* et les autres activistes désobéissant-e-s ne soient qualifié-e-s de criminel-le-s par certains médias et les personnes qui continueraient d’occulter le message politique prôné par le mouvement antispéciste, nous tenons à rappeler que chaque action militante, qu’elle soit dissidente ou non, a pour but de porter la voix des animaux que la société entière fait taire pour des raisons économiques. Qu’il s’agisse de manifestations légales ou d’actions de sabotage, le but final reste celui de la reconnaissance des animaux comme des individus dignes d’être respectés dans leurs droits fondamentaux : le droit de ne pas être maltraité, enfermé, abattu ni commercialisé. Si des actions perturbatrices du système sont actuellement condamnées, il n’en reste pas moins qu’un jour, elles seront reconnues comme la mise en oeuvre d’une responsabilité citoyenne face à un meurtre de masse, légal et accepté par les personnes profitant de l’exploitation animale. Au même titre que les Suffragettes en Angleterre, qui elles aussi ont dégradé des propriétés pour se faire entendre, les militant-e-s antispécistes qui ont/auraient fait le choix d’agir en dissidence face à la législation ne sont pas à considérer comme des délinquant-e-s, mais comme des citoyen-ne-s responsables qui se mobilisent autant que possible contre les injustices subies par les animaux, dont l’éthologie et le bon sens prouvent la capacité à ressentir la douleur.


La violence subie par les autres animaux dans les élevages où leur corps est meurtri par des mutilations légalement admises (écornage, débèquetage, limage des dents,...), dans les abattoirs où ils sont tués peu importe la force de leur résistance et de leurs cris, et dans les boucheries, restaurants, et autres commerces dans lesquels leur chair et leur peau sont vendues en toute impunité, est incomparable face au sabotage subi par certaines de ces institutions. Si Matthias* et d’autres militant-e-s sont poursuivi-e-s pour ce type d’actions, il serait judicieux de rappeler que tenter d’empêcher un massacre ne relève pas de la criminalité, mais bien de la responsabilité morale. D’autant plus qu’il ne s’agit que de dégradations matérielles, et jamais de violence physique ni de prise à parti personnelle d’un-e professionnel-le.

Nous encourageons la population à faire un effort d’empathie en se mettant à la place des animaux défendus par les activistes antispécistes, avant de juger de la légitimité de leur engagement. Nous l’encourageons à s’instruire sur les mouvements de lutte sociale passée et de prendre conscience qu’aucune de celles-ci n’a pu obtenir gain de cause sans affrontement. Nous l’encourageons à prendre conscience du fait que les personnes qui profitent de certains privilèges ne les abandonnent jamais d’elles-mêmes. Nous l’encourageons à se rendre compte de l’urgence à défendre la voix des animaux, dont l’élevage est la cause principale du réchauffement climatique (FAO, Livestock’s long shadow, 2006). Et que pour eux, l’urgence est quotidienne car leur vie dépend de nos choix de consommation ainsi que de nos choix citoyens.

L’antispécisme est une lutte politique au même titre que le féminisme, la reconnaissance des droits pour les personnes LGBTIQ+ et l’antiracisme. Prenons de l’avance sur l’Histoire et reconnaissons la nécessité de porter la voix des 77.5 millions d’animaux tués chaque année en Suisse, des 60 milliards tués dans le monde et des 3000 milliards d’animaux marins qui subissent les conséquences de la pêche.

P.-S.

NB : sa détention ‘’provisoire’’ devrait se terminer le 5 août 2019, en attente d’un jugement mais rien n’est jamais sûr. Nous espérons en tout cas fortement le revoir libre au plus vite et vous remercions d’avance du soutien que vous lui enverrez. Merci pour lui et Merci pour tous les animaux.

Lien pour soutenir financièrement les activistes subissant cette enquête répressive :
https://www.cotizup.com/cagnotteantirepression

Page Facebook du collectif de solidarité avec Matthias et les autres activistes suisses, pour suivre toutes les dernières infos :
@solidariteavecnotrecamaradeantispeciste

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Ceci est le texte qui accompagne l’attaque incendiaire de l’abattoir d’Hotonnes (Ain) dans la nuit du 27 au 28 septembre 2018.

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