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Un UBER de la livraison s’installe à Genève

À l’image de l’entreprise britannique Deliveroo, une plateforme qui propose à ses clients et clientes de se faire livrer des bons petits plats à la maison par des « indépendants » vient d’ouvrir à Genève sous la houlette d’un ancien de Procter & Gamble (entreprise connue notamment pour son exploitation du travail des enfants). Son business model - popularisé par UBER - est bien rôdé : plutôt que d’avoir à supporter les coûts de l’essence, des assurances et les charges sociales liées aux salaires de ses livreurs et livreuses, la plateforme de livraison mandate des « indépendants » pour chaque livraison. Elle profite ainsi de la compétition qu’elle instaure entre celles et ceux qui veulent des mandats de livraison, ainsi que de l’absence de charges sociales dans sa comptabilité, pour se faire un max de fric.

Comme tout esclavagiste 2.0 qui se respecte, cette nouvelle plateforme a un nom pourri qui mêle anglicisme et langage SMS : 2yourdoor. Le principe est simple une plateforme web propose la livraison de « restaurants ou courses » à domicile. Pour réaliser la livraison, elle mandate des coursiers ou coursières à vélo ou scooter qui ne sont pas ses salariés mais des travailleurs ou travailleuses « indépendants » qui possèdent comme seuls moyens de production un smartphone et un vélo (ou un scooter). Elle recrute notamment à travers son site internet et des sites de petites annonces en faisant miroiter « un emploi avec des horaires flexibles que vous arrangez ».

Un tel système permet à l’entreprise en question de maximiser ses marges en faisant peser les charges d’essence, d’assurance et d’abonnement de téléphonie, ainsi que les charges sociales de ses travailleurs et travailleuses sur leur dos uniquement, contrairement à ce qui serait le cas en présence d’un contrat de travail. Pour le livreur potentiel, l’illusion d’être son propre boss, de pouvoir s’organiser comme bon lui semble et de recevoir un revenu « au mérite » peut être alléchante. Or l’exemple des pratiques de la société britannique Deliveroo, pionnière de ces magouilles révèle le vrai visage d’un tel modèle économique.

Que ça soit en Grande-Bretagne ou en France, les pratiques des Deliveroo se sont heurtées à des mouvements sociaux, notamment lors du passage d’un système mixte (dans lequel des primes à la livraison s’additionnaient à un salaire horaire dérisoire) à un système uniquement basé sur un revenu à la course (de 5€ en France). Mais la généralisation du statut de prestataire indépendant pour les livreurs n’est pas qu’une simple question salariale. Par exemple, si le livreur ou la livreuse a le malheur de tomber malade, il ne touchera pas d’indemnité pendant les jours chômés. Comme le déclare le CLAP (Collectif des livreurs autonomes de Paris) :

"La précarité de notre statut (un vide juridique entre autoentreprenariat et salariat), nous impose la dépendance à des plateformes sans même nous garantir un salaire décent et nous prive de toute protection sociale (santé, congés, allocations chômages, etc.)"

P.-S.

Publié sur Au taquet !

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