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700 féministes à la manif du 8 mars à Genève

Le soir du 8 mars, journée internationale des luttes féministes, nous étions près de 700 à manifester !
Pour la première fois, une assemblée unitaire composée de plusieurs collectifs et d’individus a organisé une marche nocturne féministe. Cette assemblée s’est constituée dans l’envie de visibiler ce jour là les luttes féministes quotidiennes et de renforcer le mouvement féministe révolutionnaire qui revendique l’anticapitalisme, l’antiracisme et l’anticolonialisme autant que des féminismes trans*inclusifs. Ce front commun revendique cette journée comme la journée internationale des luttes féministes et non comme la journée des droits des femmes [1].

Cette marche étant une première expérience aussi d’une manifestation en mixité choisie, c’est à dire sans homme cis genres, nous ne savions pas à quoi nous attendre. Facebook avait auparavant conséquemment censuré notre événement et des masculinistes fachistes se sont activés sur les réseaux sociaux en écrivant des commentaires misogynes et racistes. Un policier avait de plus annoncé sous un ton menaçant à des camarades arrêtées mardi lors d’une action du mouvement #prenonslaville : "rendez-vous jeudi". En effet, des hommes misogynes se sont manifestés sur notre parcours ("Vous devriez manifester à torse-poil"), mais la bonne ambiance entre nous a été nullement entravée ! Les policiers étaient toujours présents avec leur fourgon anti-émeute et en voltigeurs, mais comme l’année passée, ce sont surtout le flics municipaux qui s’occupaient de nous, et en vélo !

Dès 19h, des personnes rejoignent doucement la place de la Navigation. Pancartes, infokiosk, distributions de slogans, de loups et de soupe sont aux rendez vous. Le départ de la marche est marquée par des prises de paroles très touchantes notamment de l’organisation féministe kurde et de Viol Secours.
Les journalistes (des hommes cis) qui semblaient ne pas avoir compris le mot d’ordre n’ont pas eut honte de s’agiter en filmant et prenant des photos de ce moment en plein milieu du cercle émue qui s’etait formée pour écouter. Grande délicatesse et peu d’efficacité apparemment car aucune des presses officielles telles que la Tdg ou le Courrier n’ont couvert l’événement. Plus loin, au bord du Rhône, une petite garderie était tenue au Silure (par des mecs cis solidaires !) pour permettre à toutes les mères de se rendre à la marche.

Pendant plus de deux heures de cortège, la tête du défilé n’a pas cessé de crier des slogans. Les animatrices du début ayant perdu leurs voix rapidement, le mégaphone a solidairement été approprié par de nombreuses manifestantes. Des nouveaux slogans ont été inventés [2] pour l’occasion, la chanson "Avenir féministe, avenir décolonial, avenir queer queer, avenir génial" est devenue l’hymne de la marche ! On a été extrêmement touchée aussi par le grand tournus qu’on a pu voir à la banderole de tête "Féminismes antiracistes révolutionnaires" ! L’impressionnant char karaoké a fait chanter les participantes tout au long du cortège et a informé la foule lorsque des hommes relous apparaissaient.

La marche s’est clôturée par un magnifique feu d’artifice et des concerts sur la place de Plainpalais.

La volonté de la marche était de contrer les discours féministes de droite qui s’inscrivent dans des logiques coloniales et qui instrumentalisent les luttes féministes à des buts sécuritaires et racistes. Nous allons continuer à nous battre contre cette appropriation raciste des féminismes émancipatoires. "Tout le monde déteste le sexisme, tout le monde déteste le racisme, tout le monde déteste la transphobie, tout le monde déteste la police" est un slogan qui s’inscrit dans cette logique : les personnes n’étant pas des hommes cisgenres sont sujets au l’harcèlement de rue sexiste, et les personnes racisées sont autant victime de l’harcèlement de rue policier. Avec cette manifestation, nous souhaitions souligner le lien entre ces deux violences qui se manifestent dans la rue et qui ne sont pas hiérarchisables !

Cette manifestation, une fois dans l’année a fait partie des différents espaces dans lesquels nous devons continuer a puiser de la force pour lutter contre le sexisme quotidien ! Fight !

Quelques personnes qui ont participé à l’organisation de la marche

Notes

[1Nous préférons d’appeller le 8 mars "La Journée internationale des luttes féministes" plutôt que "La journée pour le droit des femmes", car pour nous, le féminisme s’articule non seulement dans la loi, mais aussi dans les luttes quotidiennes, et que nous ne pensons pas que le terme "femmes" inclue toutes les personnes concernées par le patriarcat, car il exclut notamment les personnes trans*

[2bientôt une version audio disponible sur renversé !

P.-S.

Enregistrement radiophonique de la marche : http://audioblog.arteradio.com/post/3084099/8_mars_2018/

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