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Où sont les queers ?

Suite aux dernières revendications et à la médiatisation concernant le tag du 5 mars sur le mur des réformateurs, une riposte queer nous semblait nécessaire. Bien que nous soutenons ce tag, nous voulions rappeler que l’espace public est également le lieux d’oppressions cis-hétérosexistes à l’encontre des personnes qui n’entrent pas dans la catégorisation hétéro-homo, homme/femme.

Dans nos perpectives de luttes féministes le terme Femme* est inclusif (https://renverse.co/La-ville-la-nui...). Cependant, il participe à l’invisibilisation des personnes queers. Ce terme invisibilise les personnes qui ne se reconnaissent pas dans la binarité homme-femme et les oblige à se satisfaire d’un simple astérisque comme marqueur de leurs existences. Il alimente l’omission de la pluralité, la fluidité, l’infinité des identités et personnes opprimées par le cis-hetero-patriarciat blanc.

« Tous les jours nous sommes renvoyés à la binarité de genre auquel nous sommes assigné.e.x.s à notre naissance. Tous les jours, parce qu’on m’a assignée femme, parce que je « ressemble a une femme » parce que j’ai une « voix de femme », parce que j’ai des seins, des hanches, je suis FEMME pour la société cis-normée mais je ne suis pas, je ne suis pas l’astérisque à côté de femme, je suis tout et rien, je ne suis pas la binarité. »

« Des fois, je me sens homme, des fois plutôt femme. Des fois j’assume d’être un peu des deux et des fois, ça me saoule, et je n’en veux plus du tout. Genderfucked, c’est comment je me sens. Des fois, j’ose t’imposer mes pronoms, il-elle-they/them, et très brièvement, je me sens valide, je me sens compris.e.x.
Souvent, je t’entend faire une blague sur les pédé.e.s.x , les enculé.e.s.x, comme moi. Mais jamais je ne trouve ça drôle. Et chaque jour, ma voix trop féminine vous fait rire. Chaque jour, on me dévisage, car on ne sait pas dans quelle case me mettre.
Chaque jour, me rapproche un peu plus la fin de votre monde.
Aujourd’hui, cis-hetero-patriarciat, j’attends avec impatience ton épilogue. »

« Tout les jours je sors dans vos espaces, je dois ployer sous vos regards, répondre à vos attentes, définir ma sexualité — pour vous, la justifier, justifier mon corps désigné féminin, performer une féminité définie selon vos normes. Je suis fatiguée d’expliquer ma pansexualité, je suis fatiguée de ne jamais être assez lesbienne/hétéro/sexuelle et sexualisée. »

Cette invisibilisation est d’autant plus soulevée par le fait que le tag considéré féministe a été largement couvert par les médias car cette lutte est considérée comme plus légitime par l’opinion publique. C’était aussi pour réveiller les commentaires mal placés, créer le buzz et pointer du doigts "ces féministes frustrées qui détériorent notre patrimoine". Le terme "Queer" est toujours très méconnu dans nos sociétés, ce qui participe encore plus à l’exclusion des personne queer. Il n’est mis en avant que lorsqu’il y a du pink washing, soit une capitalisation bourgeoise cisgenre blanche passant leurs vacances à Tel-Aviv. Le peu de médiatisation queer leur est réservée car ils sont plus acceptables par cette société binaire, ils sont aussi discriminants car ils reproduisent une oppression.

Pour ces raisons, nous avons décidé de visibiliser les queers à travers le tag. Nous avons pensé notre tag comme une continuité ainsi qu’une réponse au tag « Où sont les femmes* ».

Nous réapproprier nos corps, nos sexualités c’est nous réapproprier les espaces desquels nous sommes toujours excluexs. Et lorsque l’on est représentéexs dans des espaces, ce sont ceux de la nuit, de la fête. Ou sommes-nous la journée ? Nulle part. La nuit, ces espaces de fête sont des espaces a-politiques, où nos sexualités « déviantes », nos genres « déviants » peuvent se réunir certes mais surtout faire l’objet de votre fétichisation. Nos identités queer ne sont pas des objets de voyeurisme et d’exotisation. Nos identités de genre et nos sexualités ne se limiteront pas à ces espaces, nous existons et comptons exister ici et maintenant, partout et ailleurs, jour et nuit.

Pour cela, nous appelons à rendre le mur des réformateurs, le mur des réclamations.

#LE-TURFU-SERA-QUEER-OU-NE-SERA-PAS !

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