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Soirée de rencontre & solidarité contre la répression

L’Atelier est un nouvel espace d’expression culturelle et politique, de rencontres, d’échange et de partage au sein du centre culturel autogéré de l’Usine à Genève. À l’heure où la répression policière et judiciaire se fait de plus en plus sévère à l’égard des activistes antispécistes (notre camarade Matthias est en détention depuis plus de 300 jours à la prison de Champ-Dollon et notre collectif devra bientôt supporter son 19ème procès), il nous semble plus que jamais important de défendre la pratique de l’action directe, de s’organiser face à la répression, de s’allier avec les autres luttes émancipatrices et de soutenir la création de territoires de résistance pour l’autonomie des personnes opprimées.

Le samedi 2 novembre, dès 18 heures à l’Atelier (Genève - Suisse).

Lutter contre l’exploitation animale, c’est obligatoirement lutter contre l’Etat qui la permet et l’encourage. C’est aussi infliger des dommages monétaires importants aux industries capitalistes qui la perpétue. Ainsi les actions organisées à l’encontre du système spéciste s’accompagnent aujourd’hui d’une lourde répression : des peines monétaires importantes et l’enfermement pour certain.e.s. Cette soirée a pour but d’aider à financer les frais de justices des activistes antispécistes et de populariser la vision libertaire de ce mouvement.

Depuis 2016, le collectif 269 Libération Animale essaie par un activisme plus offensif ciblant les institutions de pouvoir de répondre à ces questions : comment faire en sorte que notre lutte esquisse effectivement un dépassement réel, en acte, du spécisme ? Comment penser et concrétiser l’antispécisme comme un projet politique global de remise en cause de la domination spéciste, mais aussi des autres dominations ?


➡️ Au programme de cette soirée :
★ De 18h à 19h : Discussion-débat animée par Tiphaine & Ceylan sur la lutte antispéciste et comment lui donner une trajectoire révolutionnaire et intersectionnelle (avec projection de vidéos d’action et d’entretiens)
★ De 19h à 20h : Table ronde sur la répression et retour sur la détention de Matthias, animée par Elisa, Mirabelle & Raoul
★ De 20h à 22h :
- Stand de vente d’illustrations et affiches engagées,
- Cantine vegan salé et sucré / bar,
- Table de presse et correspondances avec les militant.e.s emprisonné.e.s,
- Expo photo : série prise lors d’un blocage d’abattoir en Italie et photos du sanctuaire du collectif.

Lien de l’événement facebook : www.facebook.com/events/431622233998830/

➡️ Prix libre, espèces uniquement.


Nous avons appris que le procès de notre ami Matthias devrait avoir lieu en fin d’année. Il comparaîtra aux côtés d’une autre activiste, Mirabelle, camarade de longue date actuellement en liberté. Matthias et Mirabelle sont mis en examen pour trois actions directes : les caillassages de boucheries survenus à Genève, le blocage de l’abattoir Bell et le sabotage de celui de Perly en Suisse. Nos deux camarades risquent une peine de prison de deux ans.

Le blocage de l’abattoir Bell (Suisse) organisé par le collectif 269 Libération Animale en novembre 2018, et pour lequel Matthias et Mirabelle seront jugé.e.s, avait occasionné un dommage économique chiffré à plus de 100.000 euros selon le directeur du groupe spéciste. Rappelons que l’abattoir avait été mis à l’arrêt complet suite à l’occupation du lieu par 134 activistes et ce durant plus de 18 heures. Matthias n’est d’ailleurs pas le seul mis en cause puisque les 133 autres activistes qui ont participé à cette action directe ont été condamné.e.s en première instance mais tou.te.s ont fait appel. Bien évidemment, engendrer des dommages est le but même de l’action directe qui conduit à porter des coups réels à l’industrie spéciste, à passer du symbolique au concret ; en même temps que les blocages jouent le rôle de « catalyseur » pour une pratique autonome de l’action directe.

Nous sommes persuadé.e.s que tant que la contestation antispéciste restera emprisonnée dans une désobéissance civile citoyenniste et affichée comme non-violente, tant qu’elle sera soumise à une politique basée uniquement sur le « visible » (et on voit aujourd’hui comment les réseaux sociaux influencent les méthodes tout autant qu’ils nous emprisonnent dans l’injonction du « visage découvert ») et tant qu’elle demeurera aux mains des associations et collectifs, rien ne se passera.

Comme nous l’avons tant de fois répété, notre collectif a pour principale mission non de coller son nom sur des actions mais de conduire vers l’autonomie, d’enseigner la pratique de l’action directe, de politiser la lutte en l’inscrivant dans une trajectoire révolutionnaire et intersectionnelle. Cette autonomie nous la revendiquons pour les personnes opprimées comme pour les activistes et les blocages ont joué leur rôle en initiant nombre de complices à cette pratique.

La victoire d’un mouvement, c’est de construire pas à pas l’insurrection, pas d’obtenir sa réformette suite à un tour de prestidigitation électorale ou de collectionner des « like » sur Facebook.

Nous sommes convaincu.e.s qu’il n’y a personne à « convaincre » seulement de nouveaux espaces politiques à faire émerger. Celles et ceux pour qui, comme nous, la marche de ce monde est insoutenable, rejoindront ces espaces, que blocages, libérations, sabotages et occupations peuvent contribuer à faire
surgir. Ces pratiques ne requièrent pas forcément un grand nombre de participant.e.s et sont pertinentes dès lors qu’elles nous permettent d’accroître notre autonomie et d’entraver les desseins de l’industrie spéciste.

L’autonomie est la forme d’anti-gouvernement qui permet à la fois le surgissement révolutionnaire anti-vertical et l’inscription horizontale d’une forme de vie commune qui dure. Il nous faut renoncer à une conception du politique fondée sur la puissance d’entités abstraites et unifiantes (l’État, les associations, etc) pour inventer des formes politiques partant de la capacité de faire et de créer de chacun.e, ancrées dans la multiplicité concrète des espaces et des moments. Et redonner au politique ses propriétés originaires : un temps, un lieu, des êtres, une vie qui se fait et se défait. Ce que nous défendons :

Un antispécisme révolutionnaire et puissant / Nous avons lâché les tracts, les pancartes et les caméras pour se saisir des vrais outils révolutionnaires que sont les coupe-boulons, les pieds de biche, les pavés, les marteaux et les pioches ; des outils avec lesquels nous mettons en place des pratiques de lutte menant à un haut niveau de conflictualité vis-à-vis des responsables de l’exploitation animale. Ainsi depuis 2016, notre collectif organise des blocages d’abattoir (17 blocages partout en Europe), des occupations de sièges sociaux, des actions de libération et oeuvre quotidiennement à la création d’espaces de résistance (des « sanctuaires » où vivent les personnes animalisées exfiltrées du système de domination et d’exploitation).
Le mouvement animaliste demeure dans l’échec depuis trop longtemps parce qu’il se focalise sur un miliantisme légaliste et collaborationniste avec les institutions, alors que seule la confrontation directe peut nous permettre d’installer un vrai rapport de force avec le pouvoir spéciste. Nous n’avons pas plus besoin de l’État que de celleux qui se posent en boucliers entre le pouvoir et ses opposant.e.s, en amorti.e.s des colères, en modérateurs.trices des révoltes appelant au calme et à la discipline et condamnant perpétuellement les bloqueurs.ses, les illégalistes, les saboteurs.ses et les casseurs.ses, les révolutionnaires, etc.

🔥 Nous voulons reprendre l’initiative, imposer la lutte antispéciste comme un combat émancipateur (et pas comme une lubie libérale et égoïste pour quelques privilégié.e.s) et répondre à l’urgence du feu !

Nous refusons donc de collaborer avec le pouvoir institutionnel et capitaliste dans l’espoir d’obtenir des réformettes qui font gagner des adhérent.e.s et dons aux associations mais abandonnent les victimes à leur sort ! C’est tout un système qu’il faut changer, pas simplement un article de loi. Nous voulons briser les chaînes de tou.te.s les prisonnièr.e.s, briser l’aliénation au pouvoir, mais c’est avant tout pour la liberté et l’émancipation de chaque individu.e que nous luttons : nous défendons et pratiquons un antispécisme anarchiste (amoral, illégaliste et anticapitaliste) et intersectionnel.

L’action directe, une bouffée de réel dans l’espace sclérosé et vieillissant du discours / S’il est bien évidemment nécessaire de parler et d’expliquer le monde, de réfléchir et de produire du « savoir » ; quand on vit et lutte avec des personnes opprimé.e.s, certaines décisions appartiennent à une autre dimension du réel, une dimension sensible et donc immédiatement éthique ; or, la politique classique, y compris d’extrême-gauche, s’est fondée sur la dénégation de cette dimension. La gauche dans son ensemble (c’est à dire toutes les forces qui luttent pour un monde plus juste) a aujourd’hui largement déserté le réel. Nous voulons redonner à la politique une dimension concrète car elle est une question de vie ou de mort pour toutes les personnes opprimées.

Des complices de lutte, pas des sauveurs.ses / Nous voulons autre chose que cet antispécisme paternaliste basé sur une politisation de la souffrance, une politique qui se fait « à la place de », qui « parle au nom de » et produit par conséquent un écart entre celleux qui ont le pouvoir de donner et celleux qui ont l’espoir de recevoir. Nous voulons débarrasser la lutte antispéciste de cette imagerie « humanitaire » qui montre une machinerie déjà programmée dans laquelle les personnes animalisées ne sont que des pauvres figurants à la fois faibles et impuissants par leurs corps et absents comme sujets concrets.
Nous sommes leurs complices, pas leurs sauveurs.ses !
Notre souci est de parvenir à ouvrir de nouveaux fronts de lutte car l’agir politique est une question de gestes, pas de discours. Il n’y personne à « convaincre » ou à « informer », seulement de nouveaux espaces politiques à faire émerger. Celles et ceux pour qui, comme nous, la marche de ce monde est insoutenable, rejoindront ces espaces, que blocages, libérations, sabotages et occupations peuvent contribuer à faire surgir. Ces pratiques nous permettent d’accroître notre autonomie et d’entraver les desseins de l’industrie spéciste car nous ne nous battons pas pour l’avènement d’un « capitalisme vegan » mais pour l’émancipation d’une classe sociale opprimée et invisible, pour l’autonomie des personnes opprimées.

Défendons un territoire pour l’autonomie et l’autodéfense politique des opprimé.e.s / La force d’une lutte vient de ce qu’elle parvient à construire comme alternative réelle, comme contre-monde ou nouveau monde, de sa capacité à renouveler l’action politique et interpeller l’espace des luttes, à sortir de l’abstraction du discours et de l’idéologie. L’injustice sociale se construit aussi à travers l’espace et son usage, d’où l’importance de produire des espaces de résistance ou « contre-espaces ». C’est pourquoi notre pratique de l’action directe ne s’arrête pas aux portes des abattoirs.
Si nous voulons mettre les opprimé.e.s au premier plan de la lutte, nous devons les aider à exister, à se défendre et à gagner une forme d’autonomie et pour cela il nous faut « conquérir des territoires », arracher des espaces où ils peuvent retrouver dignité et puissance.
Ces territoires en lutte nous les créons partout dans toute l’Europe, nous nous organisons pour bâtir cette géographie radicale et émancipatrice. Depuis sa création, notre collectif a accueilli et « libéré » des geôles spécistes plus de 400 individu.e.s qui vivent aujourd’hui dans nos sanctuaires mais aussi sur d’autres terres d’accueil avec lesquelles nous entretenons des liens étroits.

Une lutte politique / Notre lutte est viscéralement politique car toute lutte contre une oppression est une lutte engagée contre le système de domination dans sa globalité.
Nous ne voulons plus d’un antispécisme récupérable par le capitalisme ou la droite et l’extrême-droite, nous inscrivons notre lutte à l’extrême gauche comme un combat contre le système de domination. Nous voulons un antispécisme révolutionnaire, anarchiste, anticapitaliste et intersectionnel car il nous apparaît essentiel de redire avec force que la lutte antispéciste est une lutte politique et que cette lutte s’inscrit dans un combat plus général contre toutes les oppressions. Nous pratiquons un activisme intersectionnel et rejetons l’apolitisme affiché du mouvement animaliste et ses complaisances franchement nauséabondes avec les idéologies fascistes ou d’extrême-droite. Notre lutte antispéciste doit prendre en compte les autres oppressions et affirmer la nécessité de combattre toutes les dominations (islamophobie, racisme, sexisme, homophobie, xénophobie, etc).

S’organiser et se lier : ne jamais négliger ce que toute amitié amène de politique / Ces soirées de soutien sont aussi l’occasion de créer de précieuses complicités dans la lutte, de fabriquer du « lien insurrectionnel » et d’encourager une pratique autonome de l’action directe. L’amitié n’est pas que pure affection sans conséquence, c’est aussi le terreau des luttes efficaces ! On ne se lie jamais innocemment dans une époque où tant de frontières autoritaires nous séparent, où tant d’obstacles de toutes sortes nous empêchent de construire un « nous » collectif, un « nous » puissant qui transcende les préjugés sexistes, spécistes, racistes, etc... Partout, traçons des solidarités et des fronts contre le système de domination spéciste ! C’est dans chaque petite « commune » ainsi formée que se prépare une véritable révolution. Ne perdons plus de temps à attendre le « bon moment » pour s’organiser, il est déjà là.

➡️ Pour tout savoir de la tactique du blocage :
https://infokiosques.net/spip.php?article1679

 

Nous rappelons par ailleurs que les comportements nocifs ne sont pas les bienvenus dans nos évènements (pas de comportements sexistes, racistes, spécistes, homophobes, transphobes, etc).

Enfin, merci de respecter le lieu et les personnes qui nous accueillent !
#269LibérationAnimale

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P.-S.

Visuels : Lison (www.instagram.com/lisonkunst/)

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