Féminismes - Genre - Sexualités Thème du mois

La première fois que j’ai parlé

Ce mois-ci, Renversé s’intéresse à la famille et vous propose le texte “La première fois que j’ai parlé” tiré de la brochure “Inceste”. Le texte et la brochure sont disponibles en bas de l’article ou sur l’infokiosques ici.

Attention, ce texte contient des mentions d’inceste, pédophilie, meurtre, suicide.

Introduction

La famille est un espace où peut se développer et/ou se pratiquer l’inceste. Le texte qui suit est une reproduction du premier article de brochure collective Inceste (Nantes, avril 2019). Il a pour objectif de visibiliser ce sujet. La mise en page du texte original a été respectée, seule l’orthographe a été corrigée.

Dans l’introduction, on trouve plusieurs raisons qui ont poussé le collectif à éditer cette brochure :

  • “On fait parti du milieu féministe radical et on trouve que le sujet de l’inceste n’est (quasi) jamais abordé alors on fout les pieds dans l’plat !” (...)
  • “On a envie de se faire du bien à balancer nos vécus, ça permet de prendre du recul sur ce qu’on a vécu. Aussi peut-être pour que nos proches sachent ...”
  • “On a envie que des gentes puissent s’y reconnaître à des endroits et que ça fasse écho pour aider à nommer des situations”. (...)
  • “On a envie d’élargir la définition de l’inceste de celle qui est nommée par les dicos et le droit fRançais” (...).
  • (...)
  • “On veut que les potes qui ont vécu de l’inceste se sentent moins seuls (...)”.

Comme le disent également les auteurices, “y’a des témoignages de vécus d’inceste qui sont potentiellement durs à lire”. Celui qui est reproduit ci-dessous en fait partie.

Enfin, à la fin de la brochure se trouve une section “Ressources”, avec des livres et films en rapport avec le reste de la brochure.

1re de couverture de la brochure

La première fois que j’ai parlé

La première fois que j’ai parlé, c’était dans un café aux Invalides. J’avais demandé à ma copine de me rejoindre deux heures avant les cours. Le café venait d’ouvrir et il faisait froid. Je parlais d’un ton monocorde en fixant le marc de café au fond de ma tasse. Je me demandais quel avenir y était inscrit alors que je vivais ma fin du monde.

Je m’étais juré de ne rien dire. J’avais toujours eu l’espoir que mes peurs disparaîtraient en n’y pensant plus. Les fantômes existent parce qu’on y croit, alors il suffisait d’oublier non ?

J’ai parlé longtemps, recensant chaque détail troublant, bizarre, malaisant. Tous ces petits événements qui auraient dû disparaître de ma mémoire, mais que je n’avais jamais pu assimiler et qui me revenaient en tête souvent : pas comme une douleur, mais plus comme un bouton qui gratte et auquel on repense dès qu’on est plus occupé à autre chose.

Raconter, c’est ça qui faisait mal. C’était comme s’arracher les vêtements et se forcer à courir nue sous la neige. Ma soeur avait parlé à l’hôpital, et ils l’accusaient d’être folle. Elle m’avait écrit pour me dire qu’elle savait ce que notre père nous avait fait. Je ne pouvais plus me taire. Il fallait que je sache.

EST-CE QUE C’EST NORMAL ?

Ce jour-là pour la première et la dernière fois, j’ai tout raconté. J’espérais qu’elle m’interrompe en me tapotant la main d’un air entendu, qu’elle me dise en souriant que ça arrivait à tout le monde. Mais elle ne disait rien. J’ai eu l’impression que ça durait des heures.

Et puis j’ai levé les yeux.

Ma copine m’a dit qu’elle voulait prendre une carabine et tuer mon père. Je ne l’avais jamais vue comme ça. Je ne comprenais pas comment elle pouvait être submergée par tant d’émotions alors que je ne ressentais rien. Et tout ce que je pouvais dire pour tenter de diminuer l’écart entre son brasier et mon lac gelé ne faisait qu’attiser sa colère. Alors je me suis tue.

Aujourd’hui encore, quand je pense à mon père, je ne ressens rien. Ni colère, ni désire, ni dégoût, ni affection, ni amour, ni tristesse. Le néant a tout avalé.

En maternelle, je disais que mon père était mort. Je ne mentais pas. Je savais qu’il était encore vivant, mais cet homme ne me paraissait pas correspondre à la définition que les autres donnaient de leur père. Ça me paraissait donc moins confus de dire qu’il n’existait pas. Comme ça choquait beaucoup de mes camarades et que ça avait l’air de les rendre tristes, j’ai cessé de le dire. Dès lors, je disais qu’il était parti et que je le voyais peu. Ça tuait toutes les questions dans l’oeuf.

Pour moi, faire confiance à son père relevait des croyances enfantines, ou de la foi. Croire en son père me paraissait donc aussi pertinent que de croire en Dieu ou au père Noël. Et pour tout avouer, je n’ai jamais pu comprendre qu’on puisse confier ses voeux à un vieux monsieur barbu qui pouvait te voir quand tu te masturbais ou s’introduire dans ta cheminée pendant ton sommeil.

A ce propos j’entretiens le même rapport d’ambivalence vis-à-vis du ventre mou et poilu de mon père qu’avec la barbe de Dieu ou du père Noël. Je comprenais bien que leur aspect moelleux et doux était censé m’inspirer l’envie de m’y blottir, mais je n’arrivais pas à m’y résoudre. Quelque chose clochait.

Je voyais bien que les autres enfants sautaient sur les genoux de leur père sans le moindre mouvement d’hésitation. Je pensais juste qu’ils étaient moins matures que moi et qu’en grandissant ils finiraient par se méfier eux aussi.

Je ne compris que bien plus tard que cette méfiance précoce n’était pas une preuve de ma perspicacité, mais plutôt le signe d’une famille dysfonctionnelle. Mon égo a laissé quelques plumes à cette révélation.

Je culpabilisais aussi beaucoup d’avoir renoncé à mon père si tôt. J’enviais la foi avec laquelle les autres enfants parlaient de leur père. J’avais la sensation d’avoir fait exprès d’arrêter d’être une enfant. J’avais eu le doute, comme Eve avait croqué dans le fruit défendu. J’étais donc chassée de l’Eden et rien ne serait plus jamais comme avant pour moi. Ce qui était terrible, c’est que contrairement à Eve, je n’étais pas tombée sur terre. Ce n’est pas parce que j’avais compris des vérités d’adultes que j’en étais devenue une. Il me restait donc une quinzaine d’années à vivre en faisant semblant d’être une enfant et de croire aux mêmes choses qu’eux. Autant dire que je m’ennuyais beaucoup. Pour moi, l’enfance était un purgatoire.

La seule solution était de me trouver un nouveau Papa et de croire en lui. J’avais peut-être droit à une seconde chance, qui sait ?
Je demandais souvent à ma mère de se trouver quelqu’un d’autre. Elle me répondait qu’elle avait ses enfants et que ça lui suffisait. Qu’elle ne saurait pas quoi faire d’un nouvel homme dans sa vie. Je lui répondais que ce n’était pas pour elle, mais pour moi. Quand elle m’amenait au parc, j’allais vers tous les hommes qui me paraissaient un peu âgés et je leur faisais passer un entretien pour voir s’ils feraient de bons papas. Je ne me souviens pas des questions que je posais, mais l’entretien devait se révéler positif assez souvent, vu le nombre de fois où je suis partie main dans la main avec des inconnus. Ma mère a fini par se résoudre à m’attacher en laisse.

Un jour où j’insistais encore elle m’a dit que les Papas ne s’achetaient pas en magasin. Un MAGASIN DE PAPA. Ça, c’était la solution ! Pourquoi personne n’y avait pensé plus tôt ? J’ai passé des années à m’imaginer mon magasin de Papa idéal. Je les voyais moulés sous des coques en plastique, comme les barbies, avec une cartonnette pleine de couleur qui expliquerait leurs caractéristiques. Certains savaient bricoler, d’autres raconter des histoires... Et s’ils marchaient pas bien on pouvait les ramener ! Moi j’aurais voulu en essayer plein, pour être sûre. Et à lui c’est sûr je serai capable de lui faire des câlins sans me poser de questions.

Il m’arrivait de sympathiser avec des filles. J’avais des amitiés fusionnelles. Elles m’invitaient chez elles. Leurs pères à elles se comportaient invariablement comme le mien, avec elles comme avec moi. La nuit on se racontait des histoires qui faisaient peur, avec du sexe, du sang et des morts et on dormait dans le même lit toutes habillées. Adolescentes on s’échangeait des livres avec des titres édifiants comme “J’avais 12 ans” ou “Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée”. Je pensais sincèrement que mon engouement pour ces lectures était dû à un voyeurisme malsain de ma part. Je les lisais en cachette.

Je n’aurais jamais pensé faire le rapprochement avec mon histoire. Moi je n’étais pas une victime. J’étais juste une adolescente en mal de sensations fortes. Et j’avais hâte d’être adulte.

Ma mère m’envoyait tous les étés chez mon père. Je la suppliais de ne pas y aller. Mes larmes et ma colère n’y changeaient rien. On m’avait dit qu’à 15 ans je ne serais plus obligée. Pour moi avoir 15 ans, ce n’était pas seulement la majorité sexuelle, c’était être adulte. Je disposais enfin de ma propre vie, de mon propre corps.

J’imagine que c’est pour ça que dès que j’ai eu la sensation de le posséder un peu plus, j’ai tenté de le foutre en l’air.

Quand je me suis réveillée à l’hôpital, ma mère et ma grand-mère me regardaient. Ma mère pleurait. Ma mère pleure tout le temps. Une infirmière m’a demandé si je voulais voir mon père. J’ai dit NON, de toutes mes forces. Elles sont sorties de la chambre et j’ai arraché mon cathéter dans un soupir de soulagement avant de me rendormir. Je pensais que cette fois j’allais enfin mourir.

J’ai mis des années à comprendre pourquoi j’avais dit non. Je savais juste que voir mon père me donnait envie de mourir. Ma mère m’a encore forcée deux fois après ça, mais elle ne pouvait pas plus. Même pour elle, j’étais devenu un courant d’air.

J’ai quitté l’hôpital pour un autre aux fenêtres cadenassées. Là-bas j’ai rencontré une fille qui avait été victime d’inceste. C’est la première fois que ce mot arrivait dans mon paysage. Elle ne sortait jamais de sa chambre. Elle était boulimique, j’étais anorexique, nous faisions affaire. Je cachais ma nourriture dans mes vêtements pour lui apporter dans sa chambre. Elle passait beaucoup de temps à regarder par la fenêtre depuis son lit. J’ai appris par d’autres qu’elle attendait à l’hôpital que son père soit jugé.

Pour moi, une victime, c’était quelqu’un comme elle. Amorphe, anéantie, passive et pleurante. Moi je ne lui ressemblais en rien. Je ne pleurais pas, je hurlais, je me mettais en colère contre les infirmières, je tapais dans les murs, je tentais de m’évader la nuit, la tête pleine de maquillage, pour aller en boîte de nuit. Et j’étais amoureuse de ma voisine de chambre qui avait tenté de tuer ses parents.

Quand j’imaginais son père, un père incestueux donc, je l’imaginais pauvre, sale, gros, poilu et puant l’alcool. Il avait dû rentrer un soir bourré dans sa chambre, baisser sa braguette et la forcer à prendre son sexe dans sa bouche ou dans son vagin. Pour moi l’inceste, c’était ça ou rien d’autre.

Mon père ne ressemblait à rien de tout ça. Il était grand, blond, mince, élégant, il avait de l’humour, de l’argent et il plaisait aux femmes. Mon père avait tout du prince charmant. Pour preuve, ma mère n’avait jamais cessé de l’attendre.

Cette page graphique est également à cette place dans la brochure

Cela, comme le reste, faisait partie de mon quotidien. Ma grand-mère paternelle nous servait le thé pendant que mon père me caressait les seins devant la télé. Personne ne s’émouvait de voir mon père taper du poing sur la table aux repas de famille parce que je ne portais pas un t-shirt assez moulant ou assez décolleté pour lui. J’avais l’habitude de contourner les capotes autour de son lit, dans lequel dormait une fille de 12 ou 14 ans avec qui je jouais le reste du temps. Les photos de moi à 4 ans, ultra-maquillée et en petite culotte, trônaient dans l’album de famille, entre deux randonnées à la montagne. Le string taille 2 ans est rangé dans une armoire chez ma mère. Ma belle-mère me détestait, moi et la “filleule” de mon père, et lui faisait ouvertement des crises de jalousie. Quand nous dansions ensemble aux soirées, les gens nous disaient que nous formions un joli couple, et j’en étais fière. Cela ne dérangeait strictement personne, c’était banal.

Je sentais qu’il y avait un problème, mais comme j’étais la seule à le sentir, j’en ai conclu que c’était moi qui pourrissais tout autour de moi en voyant tout de travers. Quand je refusais de venir dans son lit, sur ses genoux ou de me déshabiller, il me disait “Je suis ton père, tu ne me fais pas confiance ?”. Je pensais que ça lui ferait de la peine s’il s’en apercevait, alors je m’exécutais sans rien dire.

Le seul problème c’était moi. Me sentir coupable résolvait tous mes problèmes, calmait tous mes doutes. Et j’avais une solution toute trouvée si cela devenait insupportable.

Le jour où j’ai parlé pour la première fois, ce monde s’est écroulé. J’avais 18 ans, et je n’en avais pas d’autres. J’ai eu l’impression qu’on avait arraché violemment une couverture sur un cadavre qui pourrissait depuis des jours. Une couverture en satin brillant sur un tas d’asticots prêts à s’enfuir.

Ce matin-là aux Invalides, j’aurais voulu que la personne que je suis aujourd’hui s’assoie discrètement en face de moi pendant que ma copine était partie aux toilettes. J’aurais vu ses rides naissantes et je l’aurai trouvée sûre d’elle et même un peu jolie. Elle aurait pris ma main et elle m’aurait dit que j’allais vivre et devenir une personne dont je serai fière.

Elle m’aurait dit d’une voix plus douce que d’habitude qu’elle était vraiment désolée. Que ce n’était pas juste. Qu’il fallait que j’arrête de me demander comment j’avais fait pour ne pas comprendre plus tôt, pourquoi je n’avais rien dit, pourquoi je n’avais pas dit non, pourquoi je n’avais pas su me protéger, pourquoi je me m’étais pas enfuie, est-ce que je l’aurais pas un peu cherché ou même espéré par hasard...

Toi, tu ne pouvais pas savoir. Ce sont les adultes qui ont broyé ta confiance, pas toi qui leur offrais un fruit pourri. Toi, tu étais une enfant et tu as essayé de faire confiance autant que tu pouvais pour ne pas mourir. Tu n’avais pas d’autre vie pour comparer. Alors tu y as cru, qu’est-ce que tu pouvais faire d’autre ? Il faut me croire. Tu ne pouvais pas savoir. Tu as fait du mieux que tu pouvais, et c’est suffisant.
Je suis désolée pour la petite fille qui avait hâte de jouer aux chatouilles sur le lit familial. Je suis désolée pour celle qui avait peur de se laver les cheveux parce que ça lui faisait fermer les yeux sous la douche. Je suis désolée pour celle qui bandait ses seins. Je suis désolé pour celle qui panique encore quand on veut la prendre dans ses bras. Je suis désolée. Je suis tellement désolée.

Et peut-être que pour la première fois en me disant tout ça, je sentirais mon thorax s’ouvrir plus largement que d’habitude et je me mettrais à verser de grosses larmes chaudes ? Peut-être que pour la première fois je ressentirais enfin quelque chose, comme aujourd’hui ?

Je crois que je commence à peine à me pardonner.

Pour aller plus loin

  • Le 1er PDF à télécharger plus bas est la brochure complète version cahier (format brochure)
  • Le 2e PDF à télécharger plus bas est la brochure complète version page par page (pour la lecture)
  • La brochure est disponible en ligne ici
  • Le site de l’infokiosques est rempli de brochures à (re)découvrir et partager

Aussi ailleurs dans la brochure

Image tirée d’un autre texte de la brochure
Image tirée d’un autre texte de la brochure
4e de couverture de la brochure

P.S.

Ce mois-ci renversé s’intéresse à la famille

Qu’on puisse la retrouver en cette fin d’année ou pas, qu’on en ait encore une ou non, qu’on l’aime ou qu’on la déteste – voir les deux à la fois – nos familles, leur histoire et leur héritage, nous construisent, bien souvent malgré nous. Certain.e.s passeront leur vie à tenter de déjouer la trajectoire familiale, d’autres la poursuivront confortablement, peu d’entre nous y échapperont vraiment.

Et si, individuellement, l’enjeu est si grand, s’il nous est aussi difficile de le contourner, politiquement ce n’est pas moins vrai. De Engels à bell hooks en passant par les théoriciens décoloniaux, les anarchistes et anti-autoritaires de tout poil, probablement toutes les féministes de l’histoire, la famille a été décortiquée sous tous les angles et de toutes les manières par celles et ceux qui entendent penser l’émancipation.

Ainsi, aborder le thème de la famille à travers un prisme militant est complexe et forcément incomplet. Le défi commence déjà quand il s’agit de la définir : Rapport social, lieu de reproduction, des humains comme de la culture, espace de nos premiers liens affectifs, rempart ou cauchemar ?

C’est pourquoi nous ne restituerons pas ici, ni la richesse des débats qui entourent “la famille”, ni les divers points de vue élaborés au long de siècles de production théorique sur le sujet qui nous précèdent déjà. Nous nous contenterons de collecter des textes pour nourrir la réflexion et, dans le meilleur des cas, mettre en lumière certains points de rupture.

Comprendre la famille théoriquement est une chose, l’appréhender émotionnellement en est une autre. On s’excuse d’avance si ces textes maltraitent les idées ou déboussolent les coeurs.

Et comme toujours, vous êtes bien entendu invité.es à participer au thème du mois en nous proposant vos articles préférés !

#1 Abolir la famille - Acte I
#2 Abolir la famille en 6 étapes
#3 Le petit Jésus : première GPA de l’histoire ?
#4 Guide de survie aux fêtes de famille
#5 La famille : une question politique à investir
#6 Le genre du capital
#7 Être adopté·e est une identité à part entière
#8 Abolir la famille - Acte II
#9 La première fois que j’ai parlé

Notes

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