Au Grand-Saconnex, la Confédération, le SEM (Secrétariat d’Etat aux Migrations), le canton de Genève et de la commune du Grand-Saconnex, prévoient de remplacer l’actuel foyer des Tilleuls par la construction d’un complexe comprenant un Centre Fédéral de renvoi de 250 places, une prison de détention administrative de 50 places ainsi qu’un service de police et des douanes. Collé au tarmac de l’aéroport international de Genève, le centre est imaginé comme un gigantesque complexe de renvoi. Il participe et renforce la politique hypercarcérale portée par le canton de Genève déjà placé en tête des expulsions.
La vie des personnes requérantes s’apparentent à de la semi-détention
Dans ces centres fédéraux destinés à « héberger » jusque 140 jours les personnes demandant l’asile, les diverses restrictions et privations qui conditionneront la vie des personnes requérantes s’apparentent à de la semi-détention : couvre-feux (horaire de sortie entre 9h et 18h), annonce obligatoire en entrant et en sortant, prise d’empreintes digitales, fouilles au corps, sanctions internes au bon vouloir arbitraire du personnel chargé de la sécurité, impossibilité de conserver les appareils électroniques personnels ainsi que les denrées alimentaires, travaux d’intérêts généraux payés 3.75 CHF de l’heure, scolarisation des enfants au sein même du centre, etc. Dans un tel contexte disciplinaire, arbitraire et infantilisant, il sera quasi impossilible pour les personnes requérantes d’asile de créer une vie sociale digne ou de construire les solidarités nécessaires qui leur permettraient de protéger leurs droits juridiques voire même leurs droits fondamentaux. Le cadre de ces centres, gouvernés principalement par une logique sécuritaire et contrôlés par un dispositif intrusif et carcéral, restreint excessivement et sans justifications l’autonomie des personnes demandant l’asile en Suisse.
Nous ne voulons pas d’une Genève où l’on enferme et expulse à tour de bras des gens qui quittent leur pays et qui trouvent comme seul accueil une prison ! C’est pourquoi nous ne cesserons de lutter contre ceux qui participent à cette politique de l’enfermement, pour qui les personnes en exil ne sont qu’un flux à gérer, cacher, exploiter et renvoyer au plus vite.
> Refusons la construction d’un nouveau Centre Fédéral, ni à Genève, ni ailleurs.
> Refusons la violence structurelle imposée par cette nouvelle loi aux personnes en exil.
> Refusons le renforcement progressif d’un système raciste et xénophobe par l’État.
Rendez-vous le vendredi 25 janvier 2019 à 17h30 à la Place Neuve, Genève.
Ci-dessous la vidéo d’appel du collectif Perce-Frontières.